RENCONTRES NATIONALES DES MIFE : Intervention de Philippe NICOLAS,DIRECCTE Auvergne Rhône-Alpes

RENCONTRES NATIONALES DES MIFE : Intervention de Philippe NICOLAS,DIRECCTE Auvergne Rhône-Alpes

Remettre l’orientation dans la vie réelle

Publiée le 04 novembre 2016 par France

Invitant à s’inspirer du cadre européen, le directeur de la Direccte [3] Auvergne-Rhône-Alpes, Philippe Nicolas, a profité des Rencontres nationales des Maisons de l’information sur la formation et l’emploi (Mife) pour appeler à réconcilier orientation et économie.

« Le devenir individuel, c’est bien, la satisfaction des besoins de notre économie, c’est beaucoup mieux. » Prononcée devant des professionnels de l’orientation qui se targuent de respecter l’autonomie de choix des personnes, la formule peut paraître un brin provocante. Mais pour le directeur de la Direccte Auvergne-Rhône-Alpes, il ne s’agit rien de moins que de replacer l’orientation dans le champ de la « vie réelle ». Car, s’appuyant sur les travaux de l’OCDE conduits en 2004 autour de l’orientation [4], il en est convaincu, l’Europe voit plus loin : « L’orientation est vécue comme un bien public dont les effets bénéficient, au-delà de l’individu, plus largement à l’entreprise, à l’économie et la société dans son ensemble. » Ce n’est pas le cas en France ? Critiquant la lenteur de notre dispositif législatif à dépasser une « vision de l’orientation extrêmement centrée sur l’individu », il en salue cependant les dernières avancées. Et notamment les lois du 5 mars 2014 et du 8 août 2016 pour leur capacité — à travers le compte personnel de formation (CPF), le conseil en évolution professionnelle (CEP) et le compte personnel d’activité (CPA) — à « opérer un pont entre la vision individualisée de la question de l’orientation et une vision beaucoup plus collective ». Se félicitant à la fois de l’élargissement des publics cibles comme de l’attention spécifique portée aux moins qualifiés, il souligne la « rude tâche » des opérateurs du CEP qui doivent déployer « un nouveau système juridique qui oscille entre compte et conseil », avec un « accent mis sur la composante orientation repositionnée dans l’ensemble de l’économie ».

Plaidoyer pour la GPEC

Reste qu’en tant que chef d’orchestre du déploiement de la politique emploi du gouvernement, il souligne l’ampleur du chemin qui reste à accomplir : « Malgré l’empilement des lois, nous n’avons toujours pas réussi à mettre des séquences organisées, interdépendantes et ordonnées entre les différentes phases de la vie. » Assurant constater chaque jour les « inadéquations quasi structurelles » présentes sur le marché du travail, il relie les difficultés d’aujourd’hui à « l’insuffisance du travail d’orientation », lequel serait responsable de « difficultés de recrutement maximalisées et de situations de renouvellement générationnel de compétences extrêmement difficiles ». Plaidant pour le renforcement de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences dans laquelle la Direccte s’inscrit de longue date, il souligne enfin la nécessité d’une amélioration de l’implication des entreprises. Ceci, en les appelant à s’engager davantage aux côtés du service public de l’emploi pour créer les compétences dont elles ont besoin plutôt que d’importer de la main-d’œuvre.

Notes

[1] Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi.

[2] Voir Orientation professionnelle et politique publique : comment combler l’écart (format PDF) – L’orientation professionnelle – Guide pratique pour les décideurs (format PDF)

[3] Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi.

[4] Voir Orientation professionnelle et politique publique : comment combler l’écart (format PDF) – L’orientation professionnelle – Guide pratique pour les décideurs (format PDF)

Nicolas DEGUERRY, Centre Inffo, Actualité de la formation, 2 novembre 2016