5ème FORUM MONDIAL EDUCATION TOUT AU LONG DE LA VIE - Pour un développement durable - UNED MADRID 27/29 SEPTEMBRE 2017

5ème  FORUM MONDIAL EDUCATION  TOUT AU LONG DE LA VIE   -    Pour un développement durable - UNED   MADRID  27/29  SEPTEMBRE 2017

Concourir aux objectifs de Développement Durable par les apprentissages Tout au long de la Vie : une approche intégrée

Publiée le 13 octobre 2017 par France

Organisé par le Comité Mondial pour les Apprentissages tout au long de la vie, présidé par Yves ATTOU, ce 5è forum s’est tenu à Madrid, rassemblant près de 200 participants. La thématique de l’impact de l’Education tout au long de la vie sur le Développement durable qui avait été choisie dans la mouvance de l’Agenda 2030 de l’ONU, a été traitée lors de plénières et tables rondes accueillant une grande diversité d’intervenants, universitaires, consultants, représentants de l’UNESCO, partenaire du forum., en provenance du monde entier. Si les Etats n’ont pas les mêmes moyens de développement, le forum a été marqué par une vision humaniste de l’Education partagée par tous. Face aux bouleversements sociétaux, climatiques, technologiques profonds, le rôle de l’éducation tout au long de la vie a été réaffirmé, étayé au travers des différentes expériences présentées. Les deux citations ci-dessus évoquées lors du forum pourraient résumer l’esprit des échanges.

« L’histoire humaine devient de plus en plus une course entre l’éducation et la catastrophe » Herbert George Wells
« Nul besoin de faire de la terre un paradis elle en est un : à nous de nous adapter pour l’habiter » Henry Miller 

C’est dans les locaux de l’Université  pour l’Enseignement à Distance (UNED[1]) à Madrid qu’Alejandro TIANA FERRER, Recteur, a ouvert les travaux de ce 5ème forum mondial de l’Education tout au long de la vie, organisé par le Comité mondial des apprentissages (CMA) avec le soutien de l’UNESCO. Près de 200 participants venus de tous les continents ont écouté, débattu, échangé dans des plénières et tables rondes.

Les intervenants de la séance plénière, que ce soit Catharina PROPOVIC de l’Université de Belgrade représentant l’UNESCO, Marlèna Bouche Osochowska, directrice de ce 5è forum, Paolo SPELLER, Secrétaire général organisation des états ibero américains pour l’Education la science et la culture , Yves ATTOU,  Président CMA, ont tous rappelé les objectifs du nouvel agenda de l’ONU sur le Développement Durable adopté en 2015, dont l’objectif 4 concerne l’éducation  tout au long de la vie, en tant que droit de base, universel mais aussi encore défi mondial. Pour exemple, en Amérique latine, 780 millions d’adultes sont analphabètes dont 2/3 sont des femmes et 610 millions d’enfants n’atteignent pas les niveaux de base.

Le message de l’ONU dans cet agenda 2030 de créer des sociétés pacifiques et inclusives pour tous d’ici 2030, en éradiquant la pauvreté, en luttant contre le changement climatique, s’accompagne d’une préconisation de paix et d’éducation : vision à moyen terme, qui peut paraître utopique mais qui fixe un cap pour l’ensemble des pays du monde.

Mais en quoi l’éducation tout au long de la vie peut-elle contribuer au développement durable, démarche systémique multidisciplinaire, décloisonnée pour résoudre les problèmes de la société et de l’individu ? Pour Raoul VALDES, représentant mexicain de l’UNESCO, l’éducation doit être continue dans une visée de société apprenante, pour changer les comportements stéréotypés afin de développer la société, de réduire les inégalités etc.

Le défi de maintenir le niveau de vie d’une population mondiale de plus en plus nombreuse.
avec des problèmes nouveaux (eau, qualité de l’air, changement climatique…) est possible en développant de nouvelles compétences et en confortant les acquis dans chaque pays.

Pour Yves ATTOU, Président CMA, ONG partenaire de l’UNESCO, il n’existe encore pas de véritable politique publique de l’Education tout au long de la vie, en vue notamment d’organiser le continuum de l’éducation, familiale, initiale, professionnelle, supérieure, du 3è au 5è âge.

Pour Pierre LANDRY, Président du groupe Prospective au CMA, une personne éduquée sera plus à même de s’intéresser à la vie de la cité et de se mobiliser pour le bien être de la société, de se mobiliser à son niveau, à l’image du colibri, qui apporte sa part pour lutter contre un incendie de forêt. En effet, garantir la qualité de l’Education pour tous n’est pas de la seule responsabilité des pouvoirs publics mais de l’ensemble de la société.

Pour Marlena BOUCHE OSOCHOWSKA, l’impact de l’éducation sur la santé est indéniable, les études montrant qu’un million de vies seraient sauvées dans le monde si toutes les filles accédaient à l’Education primaire et on pourrait observer une  baisse de 66%de la mortalité maternelle. De plus, plus de 3 millions de vies seraient sauvés avec un accès pour tous à l’Education secondaire.

L’éducation pour tous est d’autant plus nécessaire que les progrès technologiques s’accompagnent de risques de santé publique et l’éducation reste le seul moyen de permettre à la personne de prendre soin d’elle-même de façon consciente et efficace.

La Table ronde sur le rôle et les responsabilités de l’Enseignement supérieur dans la perspective du Développement Durable, a montré le retard pris par l’Université, alors que, par sa fonction de recherche elle devrait être la pierre angulaire du développement durable par l’Education tout au long de la vie. En effet, c’est au niveau de l’Enseignement Supérieur que se crée la connaissance, que les compétences techniques sont acquises,

Komlavi Francisco SEDDOH représentant l’Unesco au Togo fait le constat de la faiblesse de l’Education tout au long de la vie dans l’Université : en France avec 2% des stagiaires et moins de 1% dans les pays en développement comme le Togo. Il n’existe pas de véritable stratégie « Life Long Learning » des gouvernances des Universités, pas assez de motivation pour le personnel de la Formation continue, insuffisamment prise en compte dans le déroulement des carrières des enseignants.

Pour Yuwei JLANG de l’Université Jiao Tong de Shangaï, et président du groupe CPMC dont  la mission est de faciliter l’éducation tout au long de la vie en Chine, les entreprises sont considérées aussi comme fournisseurs de connaissances . C’est ainsi que 100 000 managers ont été formés par le CPMC, en coopération avec des centres de formation européens, dont l’université Paris Dauphine, représentant 5000 entreprises, la moyenne d’âge des stagiaires étant de 45 ans.  Les managers de PME, dont les niveaux de formation sont pour beaucoup basiques, ont des besoins nouveaux face aux évolutions. Ces programmes de formation, fondés sur la valorisation de l’expérience, ont permis la transmission des outils formels de management utilisés en Europe, l’élaboration d’un passeport d’apprentissage et une validation universitaire. Pour exemple, l’application de ce programme à 40 entreprises du textile pendant 3 ans a fait que toutes ces entreprises ont innové, se sont robotisées, ont engendré des bénéfices cumulés, et produisent 40% du marché.

Pour Jorge ROJAS HERNANDEZ Vice Recteur de l’Université Conception au Chili, la question stratégique de l’Université est de former pour des emplois nouveaux, liés à l’introduction du numérique. Or celui-ci représente un autre danger qui est celui de désapprendre, à l’image de l’ouvrage d’un chercheur américain « la démence numérique ». En effet, le cerveau se développe avec les relations sociales, si celles-ci diminuent, le fonctionnement cognitif est diminué.

Pour Rémus PRICOPIE, Recteur de l’Université des sciences politiques et administration publique de Bucarest, Roumanie, le rôle de l’Université qui serait de s’adapter aux besoins du W représente une vision restrictive car la définition de l’Education est plus large : au-delà d’une réponse aux besoins du W, il s’agit du développement de la citoyenneté et développement personnel.

Face au défi de mettre en place des politiques publiques adaptées à l’éducation tout au long de la vie, la diminution des moyens budgétaires, notamment au niveau de l’UNESCO, des Etats dont les budgets éducation diminuent, représente une entrave.

La table ronde sur l’implication de l’éducation tout au long de la vie dans l’Education à la citoyenneté, a montré les écarts entre les états, entre le modèle démocratique de votation Suisse tous les 4 mois sur des sujets extrêmement variés et les pays aux gouvernements autoritaires.

Pour Katarina PROPOVIC, représentant l’UNESCO en Uruguay, si le contexte européen est bien différent du contexte mondial où dominent les inégalités, la pauvreté, les problèmes de genre, de santé etc., il faut rappeler l’ambition de l’agenda mondial du Développement durable, notamment autour des 3 points fondamentaux :  Personne, Paix, Planète

Il s’agit de combattre le populisme, néo nationalisme, racisme, les écarts de consommation entre les pays, l’esclavage (évalué à 5 millions de personnes dans le monde), l’exploitation, l’extrême pauvreté, les migrations forcées, les conséquences des catastrophes naturelles

Comment motiver les citoyens ? par la pédagogie, mais transmettre des connaissances suppose de connaître les cultures

Pour Timote VIAOLET, maori, consultant et professeur à l’Université de Nouvelle Zélande, l’articulation local/mondial  est primordiale au vu des conséquences du changement climatique sur la vie des gens dans cette région du monde. L’Education doit prendre en compte la culture ancestrale et les formes de pensée non rationnelles qui ont une réalité pour les personnes.

Le défi de l’Education  est d’aller au-delà des droits de l’homme et de prendre en compte l’au-delà du visible au nom de d’une responsabilité d’obligation (tofi = devoir en maori) de la race humaine vis-à-vis du monde. Si on partage les fruits de la mer, on a une responsabilité envers la mer

Un poème traditionnel a résumé son intervention  : « J’appartiens à ma famille et ma famille m’appartient, J’appartiens à ma nation et ma nation m’appartient, Je suis une partie intégrale du cosmos et le cosmos m’appartient, Je partage une divinité avec mes ancêtres, avec le pays, les mers… »

Pour lui, les programmes conçus il y a 50 ans ne répondent plus aux besoins sociétaux actuels et en Nouvelle Zélande, un programme d’éducation à la citoyenneté a été élaboré en cinq axes : environnement, économie, culture, politique, social, prenant en compte une des préconisations de la Déclaration de la Conférence mondiale sur l'éducation au développement durable de Nagoya en 2014 : respecter les cultures et les savoirs traditionnels.

La matinée du 28 septembre a été marquée par l’intervention brillante d’espoir de Frédérico MAYOR, ancien directeur général de l’UNESCO, président de la fondation pour la culture et la paix :  « Regards sur le futur »

En tant que DG Unesco (1987-1999), il a contribué au développement de l’éducation pour tous tout au long de la vie, avec la conviction que « il n’y a rien d’impossible » et que chaque être humain est capable de créer, d’innover et représente un espoir pour la planète.

Depuis1948 : date de la promulgation de la déclaration universelle des droits humains, il s’agit de revenir aux cinq priorités de l’ONU : accès à l’éducation, alimentation, santé, protection de l’environnement, lutte contre la pauvreté. Si aujourd’hui une priorité s’est ajoutée, celle de la sécurité, rien ne peut se faire sans les autres priorités.

Les gouvernances internationales sont de plus en plus questionnées alors que sur 193 pays dans le monde, seuls les G7/G8/G20 semblent gouverner.

Pour la 1ère fois, l’anthropocène[2] nécessite de modérer l’activité humaine pour la défense de la planète et il faudrait un ONU fort pour défendre les valeurs humanistes et combattre l’hégémonie de certains Etats car  quand un Etat se croit supérieur il y a risque de guerres et destruction. Mais si les objectifs de Développement Durable sont bien définis (cf Agenda ONU 2030), les méthodologies ne le sont pas suffisamment.

L’espoir réside dans le fait qu’aujourd’hui on peut savoir ce qui se passe dans le monde entier et il est possible à tous de s’exprimer et de revendiquer la paix, la non violence. Aujourd’hui nous pouvons savoir et nous exprimer même si les marchés qui ont le pouvoir médiatique constituent une « arme de distraction massive », freinant souvent les mobilisations de masse.

Pour Frédérico MAYOR, l’éducation doit être pour tous et doit amener à la responsabilité. Et il ne faut pas confondre éducation et capacitation (acquisition de connaissances, compétences), ne pas confondre l’information / les nouvelles (informations ponctuelles) et la connaissance qui est l’information incorporée, réfléchie, comprise,  « ne pas se contenter de voir le visible (à la lumière des media) mais voir le non visible (ce qui n’est pas montré) pour réaliser l’impossible ».

Il faut mobiliser la citoyenneté mondiale pour faire face aux problèmes mondiaux et pour cela, l’éducation a un rôle primordial dans le développement de la responsabilité sociale, développer la capacité de mobilisation.

Face aux trois sujets d’inquiétude aujourd’hui - menace nucléaire, extrême pauvreté et changement climatique - les manifestations populaires ont un rôle à jouer.

La table ronde « Les territoires apprenants tout au long de la vie : une innovation participative et collaborative en chemin »

Esther DUBOIS du CMA rappelle les enjeux des territoires apprenants : élargir nos horizons, mettre en oeuvre ensemble, être auteur de notre propre vie, être dans un processus continu, un écosystème innovant d’expériences et apprentissages

Raoul VALDES rappelle l’origine de ce dispositif d’éducation tout au  ong de la vie sur un territoire  lancé par la conférence UNESCO de Shangaï  en 2010

Si en Europe, la conception reste encore théorique, en Asie, la mise en œuvre est plus opérationnelle, avec les familles, les villes, les communautés, du fait de la proximité du concept avec la philosophie de Confucius.

Dans ce processus, sont liés les politiques, les acteurs économiques et les acteurs de l’Education et  la personne est au centre.

On observe des méthodologies  diversifiées selon les territoires et aujourd’hui on compte 200 villes /territoires intégrés dans le réseau.

Pour Alpha DRAME, Secrétaire Général de l’ONG  Apprentissage Sans Frontières, l’expérience Suisse est exemplaire dans ce pays de 6 millions d’habitants, décentralisé où la confédération donne le cadre, les 26 cantons mettent en œuvre selon les spécificités de leur territoire, où le système de formation professionnelle répond aux besoins économiques  de par la triangulation Etat Patronat, Syndicat dans un consensus gagnant-gagnant, où l’apprentissage professionnel concerne 2/3 des jeunes, où la formation tout au  long de la vie est développée avec des moyens donnés (passerelles, VAE..)

Ce pays a mis en oeuvre quatre stratégies d’économie circulaire selon la méthodologie de l’écologie industrielle qui est de créer des activités et d’innover en faveur de l’environnement, dans le respect des spécificités de ses territoires  :

  • Décarbonner les flux d’énergie
  • Gérer les déchets
  • Dématérialiser
  • Recycler les matières utilisées

Philippe LE GONNIDE, Expert en innovation sociale et technologique (www.Politique-Numérique.fr) a présenté le concept et les expériences de territoire intelligent au travers du concept de « réalité augmentée », croisant la réalité avec des ajouts d’information, dont on trouve aujourd’hui le développement partout : dans le tourisme (musées avec tablettes), en politique, media, publicité, urbanisme, transports ….

Il en a souligné les risques dus à la confusion entre information et communication, avec les Fakes news, les mensonges politiques etc., qui peuvent  changer nos comportements . Quand par exemple on peut regarder sur son smartphone une photo de son territoire avec la qualité de l’air, cette info peut être utilisée à des fins de s’enrichir : acheter et vendre où l’air est meilleur. Les données peuvent être utilisées à des fins privées contraires au bien commun, ce qui nécessite une régulation de la collectivité publique et une éducation à cette nouvelle réalité.

Pour Mariam SY-DIAWARA, originaire de Côte d’Ivoire, Présidente de la maison de l’Afrique à Québec, créatrice d’un salon international du numérique à Abidjan, l’Afrique a toujours été un territoire apprenant. Si elle a raté la révolution industrielle l’Afrique ne veut pas rater la révolution numérique, et même si la fracture numérique est réelle, elle est atténuée par le développement du mobile dans la population y compris dans les territoires ruraux. On observe de nombreuses innovations dans la santé, l’éducation, l’agriculture avec les mobiles :

  • Dans les régions éloignées, les infirmiers envoient les photos par smartphone pour le diagnostic et la préconisation ; en Ethiopie, des Vidéo téléchargeables en langues vernaculaires aident aux accouchements
  • Au Kenya, le dispositif « mobile banking » permet de faire des transactions par mobile
  • Au Rwanda, pays le plus connecté, avec l’incubateur K-Lab les populations accèdent à des informations sur les offres d’emploi, les locations de motos, des « spotwifis » existent etc.

Pour développer le numérique à l’africaine, où pour la première fois, les jeunes apprennent aux anciens, il est nécessaire d’impliquer les anciens. Pour cela, Mariam SY-DIAWARA a mis en place l’Africa Web festival (5è édition en 2017) à Abidjan dans le but de montrer les outils créés, d’échanger les expériences, et de valoriser la créativité africaine.

Jenneth PARKER représentant de l’UNESCO à Bristol en Grande Bretagne a évoqué l’expérience de la Ville de Bristol pour penser le futur avec les citoyens en le pensant de manière transitionnelle, en favorisant le dialogue, en mettant en œuvre des processus d’engagement des citoyens, en partant des savoir des habitants, en voyant la ville comme un régénérateur (économie circulaire), en développant la dynamique du compromis, en privilégiant le numérique de manière incluante.

Esther DUBOIS évoque l’expérience de la nouvelle délégation grand ouest du CMA pour qui les territoires apprenants, lieux de création de richesses, de révélation de ce qui est encore non visible, sont en faveur des apprentissages tout au long de la vie. Il s’agit de poursuivre l’action en construisant des référentiels en coopération avec les acteurs locaux, et pour cela une demande de soutien est faite à l’UNESCO pour évaluer le travail sur le terrain.

Dans la table ronde « Reconnaissance et accréditation des apprentissages non formels et informels », Guy FORTIER, représentant l’UNESCO au Québec voit trois éléments  de développement de la reconnaissance des acquis : le rôle décisif des partenaires sociaux, la définition de normes consensuelles tenant compte de la diversité des dispositifs des pays, l’expertise des intervenants. Une approche sectorielle réunissant les partenaires du secteur est nécessaire pour développer des « grappes » d’actions financées par le public. Et tous les 5 ans il faut revoir les processus  RVAE du fait des évolutions des métiers.

Ernesto VILLALBA du CEDEFOP Ernesto.Villalba-Garcia@cedefop.europa.eu cite les résultats d’une étude réalisée dans 36 pays européens qui montre que les apprentissages non formels concernent 20% de jeunes et 80% d’adultes, ce qui questionnent les pratiques et dispositifs de VAE  et notamment la complémentarité des acquis formels, non –in-formels.

Une définition européenne du processus de validation a été élaborée fondée sur la centralité de la personne, avec dix principes communs à tous les pays européens, dont celui de la guidance personnalisée.

Pour Madhu SINGH, représentant l’UNESCO à Hambourg, il s’agit de reprendre les objectifs de l’agenda 2030 en matière d’éducation, dont les voies multiples d’apprentissages, le focus sur les résultats de l’apprentissage en termes de qualités personnelles, civiques, social et pour l’emploi, de diversité des types d’éducation etc. Par exemple, en France on constate un rôle fort de l’Etat, aux USA et Canada, une approche très individualisée, privée de la reconnaissance/validation des acquis. En Inde, où 89% de l’économie est informelle, la formation informelle est la plus courante, d’où l’importance de mettre en place un système de validation adapté. En Chine, les employeurs s’intéressent à la RVAE qui améliore la rentabilité.

Pour que la RVAE soit un bien reconnu, il faut des agences locales de promotion, mais les buts doivent être partagés par les personnes et par les employeurs.

Pour Anny Piau, consultante en VAE en France, la RVAE est un processus émancipatoire et pour cela doit être davantage développé. Le besoin d’orientation tout au :long de la vie est nécessaire pour ceux qui ne peuvent pas naviguer seuls dans ces processus et ils sont nombreux en France notamment.

Enfin, Irina BOKOVA, Directrice Générale de l’UNESCO, dans un message vidéo de conclusion, préconisa la création de nouvelles organisations dans le contexte de changements profonds de notre monde.

En conclusion, Yves ATTOU salua la réussite de ce 5è forum mondial, par la diversité des participants et le haut niveau des intervenants et remercia tous les collaborateurs, les traducteurs, les partenaires.

Trois points forts sont ainsi retenus :

  • Les tensions qui traversent les apprentissages tout au long de la vie, en tant que bien public et  partenaire des entreprises
  • La dialectique entre l’humain et l’utilitaire, avec priorité à l’humain
  • L’articulation entre le virtuel et le réel avec l’intrusion du virtuel dans le réel, en parallèle de l’articulation global - local

Au CMA sont défendues la personne une, indivisible, la diversité des acteurs, la nécessité de décloisonner et de coopérer pour que les religions, les cultures, les générations se parlent.

Les questions juridiques devraient être le thème du 6è  forum mondial, avec les offres de formation transnationales qui remettent en cause la compétences éducative des Etats, les nouveaux entrants que représentent les GAFA qui viennent concurrencer les opérateurs académiques. Le président du CMA annonce les six candidatures pour accueillir le 6è forum : Kazakhstan, Colombie, Chine Australie,  Uruguay Costa Rica. La décision du lieu sera prise par le CA du CMA le 5/12.

 

[1] L’UNED, 1er établissement d’enseignement supérieur à distance créé en Espagne il y a 45 ans est riche de 160000 inscrits (espagnols, ibero-américains), 1300 enseignants chercheurs, 1300 administratifs, 1000 enseignants et présente une offre de formation diversifiée.

[2] Le terme Anthropocène, proposé par Paul Crutzen en 2002, Prix Nobel de chimie, est de plus en plus employé pour désigner une nouvelle ère géologique résultante des actions anthropiques de l'Homme sur l'environnementaux mondial : perte de biodiversité, changement climatique, érosion des sols,