RENCONTRES NATIONALES DES MIFE - 20 et 21 Octobre 2016

RENCONTRES NATIONALES DES MIFE - 20 et 21 Octobre 2016

La Guidance Professionnelle Personnalisée, le "couteau suisse" de l'accompagnement vers l'emploi

Publiée le 27 octobre 2016 par France

Les Rencontres nationales des MIFE se sont déroulées à Lyon les 20 et 21 octobre 2016. La participation fut très importante et a connu deux temps forts : une 1ère journée interne au réseau d’expression et de remontée des expériences de terrain et une matinée où 150 participants sont venus écouter les tables rondes, conférences et intervention d'Anne Lorne, représentante de Laurent Wauquiez.

Pour Gaston Paravy, qui s’amuse volontiers de son image jugée parfois trop « conceptuelle », il y a avait là l’occasion « d’écouter la base et de moderniser le discours ». Ainsi par exemple, de la guidance professionnelle personnalisée, concept qui fonde la méthodologie des Mife, rebaptisée « couteau suisse » sous la parole des conseillers. Surprenant pour celui qui a coutume d’en appeler à Reuven Feuerstein, Henri Desroche ou Carl Rogers mais aussitôt adopté par cet éternel savoyard qui s’empresse de faire une infidélité au célèbre Opinel : « le couteau suisse, c’est une multiplicité de lames, outil universel qui va du paysan du coin jusqu’à l’astronaute, la guidance c’est la multiplicité des approches dans la relation qui répondent au besoin de chacun. » Et Agnès Berjon de préciser, « ce que nous travaillons dans les Mife, c’est le développement de la culture d’accès à l’emploi par la dynamisation des personnes à partir de leur vécu et de leurs expériences ».

Parmi les autres remontées du World Café, Gaston Paravy mentionne l’éducabilité permanente, reliée dans son rapport moral au concept de « capabilité » décrit par le Nobel d’économie Amartya Sen. Dans un contexte, certes partenarial mais aussi concurrentiel, la « base » s’est aussi inquiétée de la façon de réagir lorsqu’on renvoie les Mife à la multiplicité des acteurs. Pour Agnès Berjon, un élément différenciateur tiendrait au mode de management qui responsabilise fortement les collaborateurs : « le conseiller a une liberté d’agir, d’organiser son planning, de consacrer 20 minutes ou 2 heures à l’entretien », rappelle-t-elle.

Pour Gaston Paravy, qui voit volontiers les Mife comme « la dernière porte ouverte quand les autres sont fermées », il y aussi là le signe d’une « anthropologie sous-jacente dans le fait de mettre la personne au centre ». Si l’expression peut paraître galvaudée, lui y voit « une grande révolution » qui consiste à, « d’abord, accueillir », pour permettre à la personne de « reconstruire son parcours, à partir de qui elle est ». Et de conclure : « c’est à la fois rationnel et une voie d’espérance ».

Nicolas Deguerry, Centre Inffo, Actualité de la formation, 25/10/2016