La gestion de carrière des seniors en question

Selon une récente étude réalisée par la plateforme de recrutement « Seniors à votre service », seuls 30% des salariés de plus de 50 ans ont bénéficié d’un point carrière et 14% se sont vu proposer une formation.

Par  – Le 22 décembre 2023. Centre Inffo

Parmi les trois thèmes des négociations interprofessionnelles sur le nouveau pacte de vie au travail qui viennent de s’ouvrir, les partenaires sociaux auront à plancher sur l’emploi des seniors. Avec le recul de l’âge légal de départ à la retraite, le sujet revient au centre des débats. En Europe, la France peine à rattraper son retard avec un taux d’emploi de 57% des 55 à 64 ans selon la Dares. Loin d’être nouvelle, la situation est devenue structurelle, souvent nourrie par des idées reçues et des pratiques de gestion des ressources humaines rarement remises en question. Le jobboard « Seniors à votre service » vient de publier une étude qui rappelle les obstacles vécus par les actifs de plus de 50 ans dans la poursuite de leur carrière.

Des idées reçues à interroger

Désengagés, trop chers, dépassés, moins agiles, les plus de 50 ans souffrent d’une image dégradée. Ces idées reçues pèsent sur leur recrutement et leur maintien dans l’emploi gestion. L’étude contredit une grande partie de ces stéréotypes. Fidèles à leur employeur, 75% ont travaillé plus de 10 ans dans la même entreprise et ils partagent des valeurs de loyauté, d’esprit collectif, du travail bien fait, du dépassement de soi ou encore de la transmission de savoir-faire. Loin d’alimenter les conflits intergénérationnels, 80% d’entre eux estiment que les plus jeunes apportent de nouveaux points de vue utiles et sont prêts à transmettre leurs savoirs. Sur leur capacité à rebondir et leur implication, les répondants parmi lesquels 70% ont connu une période de chômage expriment leur motivation pour trouver un emploi, changer de métier ou se former. 80% d’entre eux sont même prêts à accepter une baisse de leur rémunération.

Un accompagnement insuffisant

Ces idées reçues génèrent des discriminations à l’embauche. 75% des demandeurs d’emploi indiquent avoir été ainsi discriminés. Une situation aggravée par un accompagnement insuffisant. 84% d’entre eux ne bénéficient d’aucun accompagnement en dehors de Pôle emploi ou de l’Apec. Ce sentiment d’invisibilité est également vécu dans les entreprises. Seuls 30% des plus de 50 ans interrogés ont bénéficié d’un point de carrière et à peine 14% d’entre eux ont reçu une proposition de formation. La gestion du parcours professionnel des seniors représente un levier qui fait consensus. Autre voie mal appréhendée par les entreprises, la retraite progressive.  Alors qu’une forte demande existe de la part des seniors, seuls 13% d’entre eux se sont vu proposer le passage à temps partiel et la moitié ne connaissent pas cette disposition. Dans ces conditions, les seniors sont nombreux (75%) à envisager un cumul emploi-retraite.

 

L’emploi des seniors en chiffres 

14% des seniors se sont vu proposer une formation

30% ont bénéficier d’un point carrière

75% des demandeurs d’emploi seniors ont déjà subi une discrimination liée à leur âge

75% des DRH reconnaissent privilégier les profils plus jeunes

80% des seniors accepteraient une baisse de leur rémunération

75% des seniors envisagent un cumul emploi-retraite

Mobilisation des acteurs de l’insertion pour l’emploi des seniors

L’emploi des seniors reste faible en France malgré la reprise économique. Les acteurs de l’insertion déploient des programmes d’accompagnement spécifiques pour ce public. Le réseau Alliance Villes Emploi les a mis en lumière lors de ses journées nationales.

Par  – Le 22 décembre 2023.

Dans un contexte d’allongement de la durée des carrières, beaucoup reste à faire pour améliorer le taux d’emploi des plus de 50 ans ou favoriser leur retour à l’emploi. Les acteurs de l’insertion s’efforcent de mettre en place des parcours d’accompagnement pour les plus éloignés de l’emploi. Ces initiatives étaient présentées lors d’un atelier des journées nationales d’Alliance Villes Emploi.

Au Creusot, l’association AGIRE, qui accompagne vers l’emploi des publics orientés par la mission locale ou le PLIE (plan local d’insertion dans l’emploi), a créé un « Contrat engagement jeune pour séniors » : « Il s’agit d’un parcours intégré avec 4 à 6 semaines d’ateliers collectifs dont les contenus ont été adaptés, puis un suivi individuel. Nous proposons dès le début un parrainage par des chefs d’entreprise ouverts au recrutement de publics seniors éloignés de l’emploi », explique Marie-Lise Calabria, directrice. Et six mois après le démarrage les résultats sont très encourageants : « On nous avait prédit que cela ne fonctionnerait pas avec ce public très déconnecté, or nous avons 50% de sorties positives en emploi, formation, préqualification ou chantier d’insertion. Il y a une vraie adhésion et l’aspect collectif est très apprécié ».

Valorisation des atouts

Le PLIE Nord-Essonne accompagne 1400 demandeurs d’emploi dont 400 séniors, et mène depuis 2015 une action spécifique sur ce public. « On commence par des ateliers de préparation pour valoriser leurs atouts – expérience, savoir-être, fiabilité, etc. – puis on organise des matinées de rencontre avec des entreprises qui cherchent à recruter, explique Ibrahima Seye, directeur. Ces matinées ont permis 175 entretiens et 28 recrutements, en majorité dans les services à la personne, mais aussi dans le BTP, le commerce, les services ».

Action dédiée aux seniors

Le PLIE de Nantes – ATDEC – a également conçu une action dédiée aux séniors, « dont nous constations la perte de confiance et la baisse d’estime de soi », rapporte Rémi Schnell, chargé d’accompagnement. Le parcours comprend des exercices d’inspiration théâtrale avec des comédiens pour travailler la posture, puis un temps avec une socio-esthéticienne pour mettre en valeur les personnes, travailler l’image, suivi d’une séquence consacrée à l’entretien d’embauche pour repérer les erreurs à éviter, et enfin les personnes choisissent des vêtements et font une simulation d’entretien avec la Cravate solidaire. « C’est une étape de remobilisation, les personnes en sortent regonflées et sont ensuite prêtes à s’engager dans une formation ou un suivi renforcé », rapporte le chargé d’accompagnement.

Emplois peu qualifiés

Les structures d’accompagnement constatent néanmoins que l’état de santé des candidats n’est pas toujours compatible avec leur projet ou avec les emplois proposés, qui sont souvent des emplois peu qualifiés dans des secteurs en tension marqués par la pénibilité.

« Nous avons toujours accompagné une part importante de seniors, pour lesquels on manque de réponse spécifique », constate Marie-Lise Calabria. « Aujourd’hui il n’y a plus d’aides au recrutement pour les séniors », déplore aussi Ibrahima Seye.

Les premières pistes de Pôle emploi pour former les seniors

Alors que des négociations interprofessionnelles sur l’emploi des seniors s’ouvrent ce vendredi 22 décembre, Pôle emploi expérimente des approches innovantes en matière de formation pour les demandeurs d’emploi de plus de 55 ans. Des modalités inscrites dans les situations de travail, au plus près des entreprises.

Par  – Centre Inffo Le 22 décembre 2023.

A chaque réforme des retraites, la question de l’emploi des séniors revient dans le débat sans avoir trouvé jusqu’ici de réponses satisfaisantes. Seul l’effet mécanique du recul de l’âge de départ à la retraite amorcé dans les années 1990 semble jouer sur le taux d’emploi des actifs de plus de 55 ans. A 56,9% en 2022 il enregistre, selon la Dares, son plus haut niveau depuis 1975 mais reste toujours en deçà de la moyenne européenne (62,4%). Les freins culturels s’avèrent tenaces. La dernière réforme reculant l’âge de départ à la retraite à 64 ans commande de résoudre cette problématique devenue structurelle. Si le maintien dans l’emploi des seniors fait l’objet d’une négociation interprofessionnelle lancée en novembre dernier, Pôle emploi planche, de son côté, sur les moyens de faciliter leur retour à l’emploi. Dans le cadre du nouveau cycle du Pic, l’opérateur expérimente avec deux régions [ 1 ] de nouvelles modalités de formation pour ce public dont le taux de chômage de 5,7%, plus faible que la moyenne des actifs, augmente très sensiblement après 60 ans pour atteindre 7%. Depuis juillet dernier, une quinzaine d’organismes de formation travaille ainsi sur des pédagogies innovantes afin de favoriser l’accès à la formation des seniors.

Des modalités inscrites dans les situations de travail

Si la restitution de cette expérimentation est attendue à la fin du premier trimestre 2024, Pôle emploi identifie déjà de premiers enseignements. « Dans les parcours de formation en cours de test, la pédagogie intègre une dimension d’accompagnement individualisé, proche du coaching », déclare Hervé Jouanneau, directeur du développement des compétences dans les territoires, Pôle emploi. Autre piste explorée, la mise en place d’approches inscrites dans les situations de travail. Dans cette logique, les ingénieurs pédagogiques peuvent s’appuyer sur des dispositifs de formation existants comme la préparation opérationnelle à l’emploi (POE) et l’action de formation en situation de travail (Afest), une modalité développée depuis la réforme de 2018. « La POE et l’Afest nous paraissent bien adaptés à ce public. Par ailleurs, les seniors, en entrant dans l’entreprise, ont ainsi une chance de lever des stéréotypes nourrissant parfois des freins à l’embauche », précise Hervé Jouanneau.

Articuler l’offre de services au sein du réseau France Travail

Pôle emploi recense 6 grandes typologies de seniors en fonction de leur situation plus ou moins fragilisée sur le marché du travail. Cette cartographie aide les conseillers à établir un diagnostic et à les orienter vers les offres de service en cours de construction. D’ores et déjà à l’œuvre à travers des accords cadre avec l’Apec, l’articulation des actions menées par les différents opérateurs du champ de l’emploi devrait s’intensifier avec la mise en place du réseau France Travail. « France Travail sera un accélérateur opérationnel pour déployer cette offre de servies », confirme Hervé Jouanneau. Reste à convaincre les entreprises d’accueillir les seniors en formation. Ces dernières représentent un maillon essentiel. Or, à ce jour, elles sont peu nombreuses à développer une gestion des ressources humaines et des parcours professionnels à destination de leurs collaborateurs les plus expérimentés.

Renforcer l’information sur les opportunités professionnelles

Pour faire bouger les lignes et valoriser l’emploi des seniors, Pôle emploi a identifié les perspectives  professionnelles ouvertes à ce public. Parmi elles, utiliser leur expérience pour devenir formateur, tuteur ou maître d’apprentissage répond aux besoins de transfert de savoir-faire dans un contexte d’un vieillissement de la population active.  En suivant des formations à la pédagogie, les seniors pourraient ainsi disposer de nouvelles compétences et les proposer aux entreprises. Par ailleurs, des modalités d’activité plus souples rarement mobilisées portent des solutions intéressantes. « Il faut renforcer l’information sur les opportunités d’évolution professionnelle ouvertes aux seniors. Des dispositifs comme le travail à temps partagé sont méconnus », déclare Hervé Jouanneau.

CPF : vers un reste à charge forfaitaire d’environ 50 euros en 2024

Le cabinet de la ministre de l’enseignement et de la formation professionnels a confirmé jeudi 21 décembre la mise en place d’un reste à charge forfaitaire au titre du compte personnel de formation, de « quelques dizaines d’euros », après une annonce faite la veille par Thomas Cazenave, le ministre délégué aux comptes publics.

Par David Garcia – Le 22 décembre 2023.

 

Le reste à charge au titre du CPF verra bien le jour en 2024, comme annoncé par le ministère de l’économie des finances. Dans un entretien à L’Opinion, le ministre délégué chargé des comptes publics, Thomas Cazenave, annonce la parution en début d’année 2024 d’un décret instituant un reste à charge forfaitaire de 50 euros.

Hypothèses de travail

Jeudi 21 décembre, le cabinet de Carole Grandjean, ministre déléguée en charge de l’enseignement et de la formation professionnels, a confirmé « que des hypothèses de travail circulent mais tout cela doit désormais être discuté avec les partenaires sociaux. Et rien ne sera stabilisé ou arbitré avant. »

Négociation interprofessionnelle

Lesquelles organisations patronales et syndicales devaient entamer ce vendredi 22 décembre une négociation interprofessionnelle relative à l’emploi des seniors et à leur reconversion.

Responsabiliser chaque bénéficiaire

« L’objectif du gouvernement est de responsabiliser chaque bénéficiaire du compte personnel de formation afin qu’il s’engage de manière active dans sa formation, à travers une participation minime et forfaitaire », argumente le cabinet de la ministre.

Quelques dizaines d’euros

Cette dernière se dit toutefois « très attachée à ce que cette participation ne soit pas un frein, en particulier pour les plus fragiles. Elle sera de quelques dizaines d’euros afin de rester accessible à tous. »

L’entourage de Carole Grandjean précise : « c’est sur ces bases d’efficacité et d’équilibre que s’ouvrira une concertation avec les partenaires sociaux en début d’année pour définir le juste niveau de cette participation forfaitaire. »

Ministre de l’Economie, Bruno Le Maire avait évoqué mardi 9 mai sur France Culture la possibilité d’instaurer un reste à charge de l’ordre de 30% pour le compte personnel de formation (CPF) « sauf lorsque l’employeur paie ou que vous êtes en situation difficile, par exemple si vous êtes chômeur ».

4e rapport sur le PIC : bilan de cinq années de déploiement

 

Le comité scientifique d’évaluation du Plan d’investissement dans les compétences dresse un bilan à l’issue de cinq années de déploiement.

Le rapport fait état d’une hausse des entrées en formation sur l’ensemble de la période. L’accès à la formation des peu diplômés a progressé, malgré des difficultés à amener les plus éloignés vers la formation, dans un contexte où le système de formation peine à modifier ses pratiques.

Les efforts de formation pour répondre aux besoins de l’économie sont souvent confrontés au manque d’attractivité des métiers et à la sélectivité des entreprises.

Le rapport termine par un point sur la Prépa apprentissage. Après quatre années de mise en œuvre, il constate que le dispositif est parvenu à capter le public visé, même si l’objectif quantitatif n’a pas été pleinement atteint. Près de 150 projets ont été financés, enregistrant 61 000 entrées entre 2019 et 2022.

Source Cap Métiers Nouvelle Aquitaine

Vers un système ouvert sur l’acquisition informelle des compétences ?

La formation professionnelle est-elle un système normatif tout entier tourné vers un objectif professionnel unique pour l’apprenant ?

Par  – Le 11 décembre 2023.

 

Lors de sa 4e université, l’Afref a voulu réaliser un « pas de côté », comme l’expliquait Patrick Waeles, sociologue et président de l’Afref, en introduction de la journée « la formation dans tous ses états » mercredi 6 décembre. Le modèle actuel de la formation « correspond-t-il aux enjeux sociétaux ? ». La formation, répondant à « l’enjeu néolibéral de la réalisation de soi », a-t-elle oublié le collectif ?  La formation semble n’avoir comme seul objectif que l’emploi, via un parcours. Et l’apprenant doit se réaliser, trouver lui-même des solutions. Ce manque de collectif est aussi le signe de « l’affaiblissement des corps intermédiaires ». En France, la formation est réalisée dans un système normé, qui nécessite de rentrer dans des cases. Comment dès lors assurer aussi son agilité ?

Omniprésence du certifiant

« Avant on disait qu’il y avait trop de diplômes et aujourd’hui, tout est certifiant », remarque Bernard Barbier, manager-coach et chercheur au Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), qui rappelle que l’essentiel de ce qu’on apprend se fait en dehors du système de formation. Pour Laurence Martin, déléguée nationale des réseaux APP, « la reconnaissance des compétences informelles passe par une démarche inclusive ». Dans les formations du réseau APP, les apprenants sont invités à réfléchir aux compétences qu’ils ont mobilisées dans une situation, et celles qui leur ont manquées. Laurence Martin dénonce l’injonction paradoxale à laquelle sont confrontés les organismes de formation ; il faut à la fois aller chercher tous les publics, surtout les plus éloignés de l’emploi et en même temps « les faire rentrer dans des cases » qui ne se préoccupent pas de leurs situations particulières. Au risque, sinon, « de ne pas trouver de financement ». « L’accompagnement est dans une zone grise, on est obligés de raisonner en certification, sinon on n’est pas financés », insiste-t-elle. L’une des solutions évoquées lors d’un atelier serait de sortir du paiement à l’heure de formation au profit d’un paiement au parcours. Car tous les apprenants n’ont pas les mêmes besoins, mais cela nécessite de « faire confiance aux formateurs ».

Badges numériques

Pour Patrick Waeles, l’une des pistes de la reconnaissance des apprentissages informels et formels peut se trouver dans les badges numériques, « qui se fondent sur des preuves humaines, pas des référentiels ». Ces badges, qui peuvent être créés dans chaque structure, permettent aux apprenants de donner des informations sur leurs compétences. « On leur explique la méthode pour identifier les compétences acquises, cela créé de la fierté, précise Laurence Martin, dont la structure les utilise. Et ils sont une source de discussion avec le formateur. »

Formaliser l’informel

Toutefois, « attention à ce que cette reconnaissance ne devienne pas indispensable dans tous les métiers », prévient Hugues Lenoir, enseignant-chercheur en Sciences de l’éducation, en citant l’exemple des métiers de service où peu à peu les certifications deviennent indispensables, là où les métiers étaient plutôt ouverts à tous. Et Bernard Barbier s’interroge sur l’opportunité de « formaliser ce qui était informel ». Pendant les discussions, la formation était vue comme davantage qu’un système normatif avec comme seul objectif l’avenir professionnel. Mais la question reste que les compétences n’ont tendance à ne pas être prises en compte sur le marché du travail quand elles ne sont pas certifiées de manière officielle.

Thibaut Guilluy confirmé à la direction du futur France Travail

Les commissions des affaires sociales de l’Assemblée nationale et du Sénat ont validé mercredi 6 décembre la nomination de Thibaut Guilluy, haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises, proposé par le président de la République, pour prendre la direction générale de Pôle Emploi, qui deviendra France Travail le 1er janvier prochain.

Par  – Le 08 décembre 2023.

Après le conseil d’administration de Pôle Emploi, les commissions des affaires sociales de l’Assemblée nationale et du Sénat ont validé mercredi 6 décembre la nomination de Thibaut Guilluy comme directeur général de Pôle emploi pour succéder à Jean Bassères. La première par 32 voix pour et 21 contre, la seconde par 18 voix pour et 11 contre.

Diplômé de l’Ecole supérieure de commerce de Paris, engagé depuis 20 ans en faveur de l’insertion économique, de l’inclusion et de l’entreprenariat social au sein de plusieurs associations et organisations comme le Groupe Ares (association pour la réinsertion économique et sociale), Thibaut Guilluy a rejoint dès 2016 le parti d’Emmanuel Macron qui a proposé son nom pour prendre la direction de Pôle Emploi.

Préfiguration de France Travail

Un an après avoir remis au gouvernement, en septembre 2019, le « pacte d’ambition pour l’insertion par l’activité économique », il a été nommé haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises. Dans ce cadre, il a contribué au déploiement du plan et de la plateforme « 1 jeune-1 solution » et à la coordination des acteurs de la communauté « Les entreprises s’engagent » (70 000 entreprises s’engageant en faveur de l’inclusion). Expériences qu’il a toutes deux mises en avant dans le cadre de sa présentation aux parlementaires.

En 2022, le ministre du Travail Olivier Dussopt lui a confié la mission de préfiguration de France Travail qui doit remplacer Pôle Emploi le 1er janvier prochain. Après neuf mois de concertation, le haut-commissaire a remis en avril dernier au gouvernement, aux partenaires sociaux et aux parties prenantes un rapport présentant 10 principes-clés et 99 propositions opérationnelles.

 Engager la transformation

 « L’ambition de France Travail, c’est le pari d’une meilleure coopération entre acteurs validée par l’adoption du projet de loi Plein emploi plutôt qu’un énième mécano institutionnel », a-t-il assuré devant la commission sénatoriale. Pour mettre en œuvre cette ambition, Thibaut Guilluy a insisté sur trois priorités. La première : « engager la transformation de l’opérateur pour répondre aux nouvelles missions inscrites dans la loi : inscription plus large des personnes dépourvues d’emploi, orientation rapide pour définir un contrat d’engagement et permettre un retour le plus rapide possible à l’emploi ; mise en place de la nouvelle sanction dite de suspension et remobilisation et des nouvelles modalités de contrôle ; mise en œuvre opérationnelle des missions visant à la mise en place des gouvernances du Réseau pour l’emploi et de ses comités locaux, travail sur une feuille de route partagée au niveau des bassins d’emploi. »

Haut rendement sur l’emploi

Deuxième priorité définie par le futur directeur général de France Travail : « mener avec la gouvernance de France Travail les actions qui présentent le plus haut rendement en termes de création d’emplois ». Il a cité les « actions d’aller vers » et l’accompagnement intensif des personnes qui en ont besoin, « dans la philosophie des quinze heures d’activité au moins [pour les allocataires du RSA] » ; davantage de prospection et d’accompagnement des PME-TPE, France Travail devant être demain « le partenaire RH des entreprises qui recrutent et non plus seulement de celles qui le sollicitent » ; enfin la poursuite du travail auprès des conseils régionaux et des branches professionnelles pour « relever le défi des compétences d’aujourd’hui et de demain en se mobilisant pour proposer aux demandeurs d’emploi des formations plus efficaces pour le retour à l’emploi », par exemple avec le dispositif de POE (préparation opérationnelle à l’emploi) « aux effets prouvés sur le retour à l’emploi, qui mériterait d’être simplifié et accéléré. »

Troisième priorité citée, « gagner en efficacité sur l’indemnisation avec deux défis : lutter plus fortement encore contre les versements à tort des allocations et aussi contre le non-recours en simplifiant les demandes d’allocations et en accélérant les échanges de données entre administrations. »

« Avenir Actifs » : l’identité commune des opérateurs du conseil en évolution professionnelle des salariés et travailleurs indépendants à partir de janvier 2024

« Avenir Actifs », c’est ainsi que seront désignés les opérateurs régionaux que France compétences vient de sélectionner, dans le cadre d’un marché public, pour délivrer le service Mon conseil en évolution professionnelle aux salariés et aux travailleurs indépendants à partir de janvier 2024, pour une période de quatre ans. Cette nouveauté dans la présentation du conseil en évolution professionnelle va permettre de rendre ce service plus lisible auprès de ses publics.

Source France Compétence Article du 20 novembre 2023

Une identité commune pour une meilleure lisibilité du service

 

France compétences a récemment dévoilé les opérateurs qui auront la responsabilité de délivrer le service public Mon conseil en évolution professionnelle aux salariés et travailleurs indépendants (excluant les agents publics) pour une période de quatre ans, à partir de janvier 2024.

Depuis 2020, ce service public, ouvert à tout actif, a su gagner la confiance des salariés et des travailleurs indépendants, offrant un appui essentiel à ceux qui souhaitent prendre du recul sur leur situation, être accompagnés dans leurs projets professionnels ou être orientés vers les dispositifs et formations appropriés. La qualité et l’utilité de Mon CEP sont très largement reconnues : 92% des bénéficiaires se déclarent satisfaits du service et une grande majorité soulignent son utilité à de nombreux égards (voir la note d’étude publiée par France compétences).

Pour cette nouvelle étape, à partir de début 2024, les opérateurs régionaux, chargés de dispenser Mon CEP aux salariés et travailleurs indépendants, adopteront une identité commune en devenant « Avenir Actifs ». Cette nouveauté dans la présentation du conseil en évolution professionnelle va permettre de rendre ce service plus lisible auprès de ses publics.

Le site internet www.mon-cep.org demeura la plateforme nationale d’orientation vers le bon opérateur de ce service. Il sera aussi enrichi, à partir de janvier 2024, avec des pages et des espaces web dédiés exclusivement aux opérateurs « Avenirs Actifs » pour les salariés et les travailleurs indépendants.

Le service public de la VAE sera opérationnel en avril 2024

 Invité à l’université de l’Association pour l’accompagnement et le développement des compétences (Adevcomp), qui se tenait le 29 novembre à Paris, Olivier Gérard, en charge de la mission de préfiguration de France VAE (validation des acquis de l’expérience), fait le point sur l’avancement du chantier. 

Par  – Le 01 décembre 2023.

A quoi ressemblera la nouvelle VAE ? France VAE, dont l’objectif est de porter à 100 000 le nombre de VAE d’ici à la fin de la mandature, sera « un service public, donc un droit », rappelle Olivier Gérard. Or la VAE existe déjà juridiquement. En faire un service public suppose donc de basculer des droits existants du code de l’Education nationale vers celui du Travail. Plusieurs textes devront être publiés dont un décret, actuellement au Conseil d’Etat, ainsi qu’un arrêté. « Puisque c’est un service public, il sera ouvert à tout le monde », explique Olivier Gérard. Pas aux fonctionnaires toutefois. Les deux textes seront publiés « en janvier » 2024 et le service public sera effectif « en avril », indique-t-il. Si le travail de préfiguration est mené par l’Etat, il ne s’agit que d’une étape transitoire. « L’objectif est que les partenaires sociaux et les branches reprennent la main » ensuite, indique Olivier Gérard.

« Architectes de parcours »

Le point central de la réforme est l’accompagnement des candidats à la VAE par des « architectes de parcours ». La philosophie est de basculer la VAE « d’une logique de sanction à une logique de parcours », explique Olivier Gérard. « L’accompagnement devient premier, avant l’acte formatif », analyse de son côté Jacques Faubert, président d’Adevcomp. « Un professionnel à l’écoute, on avait dit la même chose pour les conseillers en évolution professionnelle à Pôle emploi », déclare de son côté Bernard Barbier, ancien directeur du Carif-oref francilien.

Ces architectes seront chargés « d’aider le candidat à confirmer son choix de certification », explique Olivier Gérard. Qui sont-ils ? Selon le site vae.gouv.fr, les architectes accompagnateurs doivent être certifiés Qualiopi. Il s’agit donc a priori d’organismes de formation. Mais un flou demeure dans la phase actuelle de test. Ainsi Iperia, l’organisme en charge de valoriser les métiers des employés à domicile, « est architecte de parcours sans avoir Qualiopi ; nous sommes en effet certificateurs mais pas formateurs », indique Nadège Turco, directrice d’Iperia. Le décret et l’arrêté fixeront les exigences et les obligations de service des accompagnateurs. Pour l’heure, Olivier Gérard recense 500 architectes.

L’enseignement supérieur en soutien de la nouvelle VAE

Longtemps réticent, « l’enseignement supérieur est partisan de la réforme », insiste Olivier Gérard. Une règle est posée : la personne qui vient à l’université pour une VAE « cherche une certification mais pas le statut d’étudiant ». Ce qui signifie que le rôle de certificateur est « découplé » de celui d’accompagnateur. Un message qui « passe mieux auprès des IUT (Instituts universitaires technologiques) » que des universités, admet-il. Olivier Gérard signale d’autre part que sa priorité est la VAE jusqu’à la licence professionnelle. « Je ne me battrai pas pour les masters », déclare-t-il. Reste enfin la question des jurys, dont les délais d’organisation sont longs. Leur organisation sera financée au titre du service public. « Nous attendons qu’ils nous envoient leur process », déclare Olivier Gérard.

 

 

Nouveau guide de lecture Qualiopi

Une nouvelle version du guide de lecture Qualiopi (voir notre fiche technique) vient d’être publiée.

Son objectif est d’apporter des précisions sur le référentiel de certification qualité des prestataires d’actions concourant au développement des compétences, en mentionnant pour chaque indicateur du référentiel : le niveau attendu du prestataire pour valider l’indicateur, des exemples de preuves et d’éventuelles précisions, notamment en fonction des catégories d’actions (action de formation, bilan de compétences, VAE, apprentissage) ou concernant les formations certifiantes.

Télécharger le guide