CPF : un dispositif plébiscité, mais en quête de sens

Alors que plus de 10 milliards d’euros ont été mobilisés en quelques années, les usages du CPF révèlent un paysage contrasté : quelques spécialités concentrent l’essentiel des financements, tandis que les formations à fort impact social ou économique peinent à émerger.

Par  – Le 28 avril 2026. Le quotidien de la formation

Depuis sa réforme en 2019, le compte personnel de formation (CPF) a suscité un engouement massif, et des questions tout aussi massives. Plus de 10 milliards d’euros ont été mobilisés en quelques années, au point de forcer l’État à instaurer en 2024 un reste à charge de 100 euros pour freiner l’hémorragie. Derrière les chiffres de fréquentation se pose une question que les institutions peinent à formuler clairement : à quoi sert vraiment tout cet argent ? Un professionnel de l’informatique, certificateur et lanceur d’alerte – qui préfère rester anonyme, étant actuellement en contentieux avec France Compétences et que l’on baptisera Alexandre –  a épluché les données ouvertes de la Caisse des Dépôts (gestionnaire du CPF) et en tire un constat saisissant : sur 325 codes de spécialités de formation recensés, seulement 14 concentrent 90 % des certifications financées. Les langues étrangères représentent à elles seules 24 % du total. Le permis B et les permis professionnels divers complètent ce trio de tête, qui regroupe à lui seul la moitié de toutes les certifications délivrées.

Un révélateur

« Il ne s’agit pas forcément d’un scandale. Mais c’est un révélateur », résume Alexandre. Mesurer le retour sur investissement (ROI) social du CPF représente un exercice périlleux car la notion même de « retour » varie selon qui on interroge. « Quand on suit une formation en anglais, le bénéfice le plus frappant, c’est sans doute la capacité à oser prendre la parole, oser envoyer sa candidature à un poste dont l’offre est rédigée dans la langue de Shakespeare, oser intervenir en réunion, pointe Julie Vignaux, CEO de Learnation Group, un organisme spécialisé dans la formation linguistique. Le problème ne réside pas toujours dans le niveau de compétence mais dans le sentiment d’imposture, la confiance manquante ».

Moyenne d’âge, 44 ans

Dans ses cohortes CPF, la moyenne d’âge s’élève à 44 ans, et près de 10 % des apprenants ont plus de 55 ans, des profils que le marché de la formation continue oublie souvent. « Le CPF est un outil de rééquilibrage », souligne-t-elle. Autrement dit : un acte d’autonomie et un investissement professionnel, avec un ROI, ici, qui ne se mesure pas en taux d’insertion mais en portes ouvertes. À l’autre bout du spectre, le cas d’Alexandre Isaac, fondateur de The Repair Academy, illustre ce que le CPF peut produire lorsqu’il est utilisé de manière pertinente. Son réseau forme des techniciens à la réparation électronique, un métier de niche, particulièrement technique, qui manque cruellement de praticiens. « Environ 80 % de mes apprenants sont en emploi ou en activité professionnelle et 70 % exercent déjà dans le secteur de la réparation. Une part importante de nos apprenants mobilise le CPF, souvent faute de financements complémentaires comme les OPCO ou le FAFCEA [ 1 ]« , constate-t-il.

Paradoxe structurel

Cependant, la mécanique du dispositif ne récompense pas forcément les formations les plus utiles. Notre lanceur d’alerte pointe un paradoxe structurel : une certification Excel dépasse allègrement les 1 000 ventes par mois, quand trois certifications Linux réunies atteignent à peine une cinquantaine. « Or Linux, dans un contexte de souveraineté numérique, est objectivement plus stratégique. Pour la grande majorité des entreprises, Excel s’apprend sur le tas« , tranche-t-il. Résultat : France Compétences conditionne le renouvellement des certifications à leurs volumes de vente. « Les certifications sérieuses mais peu sexy meurent faute d’audience. Et pendant ce temps, des certifications de yoga s’installent dans le Répertoire Spécifique », tacle le lanceur d’alerte. Sans remettre en cause l’intérêt de cette philosophie, ce dernier y décèle une dérive symptomatique : « Le dispositif est devenu, dans certains cas, un moyen de financer des loisirs sous couverture professionnelle. »`

Métiers en tension

Alors faut-il flécher le CPF vers les métiers en tension ? La tentation est forte. Mieux cibler les fonds vers les secteurs qui recrutent — réparation, numérique, santé, logistique — semble relever du bon sens. Par ailleurs, ajouter des tiers de validation ou des critères d’éligibilité supplémentaires alourdirait encore des dispositifs déjà lourds. Julie Vignaux rappelle de son côté que les bénéfices d’une formation linguistique résistent mal à une évaluation purement instrumentale. Selon elle, si l’on ne rembourse que les formations dont l’impact professionnel est immédiat et mesurable, on perd des bénéfices diffus mais réels : la confiance en soi, la tolérance à l’ambiguïté, la flexibilité cognitive, des compétences que l’OCDE place au cœur des aptitudes du XXIe siècle. « Apprendre une langue, c’est quasiment une reconfiguration du cerveau », dit-elle.

Un dispositif détourné

Le CPF n’est ni le grand gaspillage que ses détracteurs décrivent, ni le formidable outil de montée en compétences que ses promoteurs vantent. « Il s’agit d’un dispositif complexe, détourné en partie de sa vocation initiale non par malveillance mais par logique structurelle — les demandeurs d’emploi ont du temps, les salariés n’en ont pas — et dont le ROI est réel mais souvent invisible aux indicateurs traditionnels », conclut Alexandre. La véritable question n’est donc pas « faut-il restreindre ? » mais « comment mieux orienter sans exclure ? ».

Le refus de financement des projets de transition professionnelle concentre les demandes de médiation

Rendu public mercredi 8 avril, le rapport d’activité de la médiation de France compétences révèle les tensions provoquées par les refus de financement de dossiers Projet de transition professionnelle (PTP).

Par  – Le 14 avril 2026. Le quotidien de la formation

Dispositif phare de la réforme de 2018, la mise en œuvre d’un Projet de transition professionnelle (PTP) requiert l’instruction d’une association Transitions Pro, qui décide de la recevabilité et du financement des demandes. Aux termes du rapport d’activité 2025 de la médiation France compétences, il apparaît que le successeur du congé individuel de formation concentre 90 % de l’ensemble des saisines recevables.

Priorités de financement

Dans 73 % des cas, ces demandes de médiation PTP concernent des refus de financement. Le rapport de la Médiatrice le rappelle, l’examen des projets de PTP repose sur deux axes. Le premier statue à partir du respect des trois critères prévus par la loi : cohérence du projet, pertinence de la formation visée, perspectives d’emploi à l’issue de la formation ; le second accorde ou non le financement au regard du socle de priorités de financement fixé par France compétences et de l’ordre d’arrivée des dossiers. Après deux refus de financement, une médiation de France compétences peut s’engager après épuisement des droits de recours auprès de l’association Transitions pro. Mais au-delà du bien-fondé ou non des saisines, il apparaît que « 81 % des demandes de médiation pour refus de financement parviennent trop tardivement pour être instruites dans le délai incompressible de 60 jours, ce qui ne permet pas à l’usager d’obtenir une réponse avant le début de la formation. »

Souci d’équité

Les exemples de saisines relatives à des refus de financement produits par le rapport de la médiatrice témoignent d’une certaine complexité des critères d’attribution des points de priorité PTP. Il en résulte parfois des erreurs d’interprétation de la part des Transitions pro qui, si elles sont corrigées par le dialogue de médiation, n’en allongent pas moins le parcours des demandeurs. Le rapport souligne également qu’il arrive également, « plus rarement », que des médiations s’inscrivent « dans le cadre d’une proposition d’examen en équité, afin de prendre en compte des situations très particulières pour lesquelles l’application stricte de la règle produit des effets contraires à son esprit. »

Devant l’augmentation des refus de financement fondés sur le coût financier des projets, la Médiatrice questionne l’appréciation de ce coût par la comparaison avec le « coût moyen » observé, arguant que « la moyenne constitue un indicateur statistique descriptif, non un seuil normatif. »

À noter que l’étape de recevabilité ne représente plus que 11% des saisines éligibles relatives au PTP, en baisse de 3 points par rapport à 2024.

RECOMMANDATIONS 2026 

1. Clarifier la prise en compte du coût des projets dans les décisions de financement du PTP.
2. Mieux connaître et valoriser les parcours de transition professionnelle intégrant un co-investissement préalable des usagers.
3. Vérifier la conformité des parcours certifiants fiancés dans le cadre des PTP.
4. Assurer une mobilisation prioritaire des droits CPF dans le financement des PTP, conformément à la loi.
5. Clarifier l’éligibilité au financement PTP des derniers blocs de compétences d’une certification devenue inactive au RNCP dès lors que le parcours a été engagé durant sa période d’enregistrement.
6. Harmoniser les pratiques des Commissions de recours des associations Transitions Pro.

CPF : la participation forfaitaire obligatoire augmente

Vous envisagez de suivre une formation en vue d’une évolution professionnelle et vous souhaitez utiliser votre compte personnel de formation (CPF) ? La participation financière obligatoire des salariés augmente à partir du 2 avril. Service Public fait le point.

Toute personne dispose d’un compte personnel de formation (CPF) dès son entrée sur le marché du travail et jusqu’à son départ à la retraite.

Un décret du 30 mars 2026 relève son montant à 150 €. Cette hausse s’applique pour toute demande de souscription à une action de formation éligible au CPF intervenant à compter du 2 avril 2026.

Rappel

Un décret du 29 avril 2024 avait fixé de nouvelles obligations pour l’utilisation du CPF à compter du 2 mai 2024 : la mise en place d’une participation forfaitaire obligatoire de 100 € (revalorisée chaque année au 1er janvier suivant l’inflation). Au 1er janvier 2026, son montant a été fixé à 103,20 €.

Qui est concerné par la participation forfaitaire obligatoire ?

Les personnes actives souhaitant financer une formation avec leur CPF doivent obligatoirement s’acquitter de la participation forfaitaire.

Cependant, elle ne s’applique pas dans certains cas :

  • si vous êtes demandeur d’emploi ;
  • lorsque votre formation fait l’objet d’un abondement de la part de votre employeur ;
  • lorsque vous souhaitez mobiliser tout ou partie des points de votre compte professionnel de prévention (C2P) ;
  • si vous avez droit à un abondement AT-MP (prise en charge due à une incapacité permanente pour les personnes victimes d’un accident du travail ou de maladie professionnelle).

À noter

La loi de finances pour 2026 a mis en place d’autres mesures concernant l’utilisation du CPF. Le financement d’un bilan de compétences par le CPF (secteur privé) est plafonné à 1 600 € (plafonnement sur les droits CPF annuels uniquement).

Et vous ne devez pas avoir bénéficié d’un financement de bilan de compétences (par France Travail, l’État, une région, un opérateur de compétences) durant les 5 dernières années.

À savoir

Si le CPF ne couvre pas le prix total des frais, d’autres acteurs peuvent compléter le financement (vous-même, votre employeur, votre opérateur de compétence, le conseil régional, le conseil départemental, votre mairie, France Travail, etc.). Les frais annexes liés à la formation (mobilité, transport, repas) sont exclus de la prise en charge.

Source : service-public.gouv.fr

Marchés publics : la RSE devient incontournable pour les organismes de formation

La responsabilité sociale des entreprises est-elle discriminante pour décrocher des marchés ? Pas encore, mais elle devient une condition pour répondre aux marchés publics dès le mois d’août 2026. Les Acteurs de la compétence, dotés d’une commission RSE depuis 2023, souhaitent outiller le secteur pour s’engager dans la démarche.

Par  – Le 31 mars 2026. Le quotidien de la formation

A partir du mois d’août, les appels d’offre publics devront intégrer des considérations environnementales dans les spécifications techniques et dans les critères d’attribution des marchés. La RSE, autrefois démarche volontaire des entreprises, devient donc un levier de sélection décisif pour les organismes de formation. C’est la conviction des Acteurs de la compétence, qui a organisé un débat sur ce sujet le 27 mars à Paris.

Léo Aniesa, du cabinet Rydge, accompagne la fédération pour structurer la stratégie RSE des organismes de formation. Pour un vade-mecum à destination des TPE et PME du secteur, disponible fin avril, il a réalisé une enquête qui révèle une grande hétérogénéité des pratiques et des niveaux de maturité variables — côté donneurs d’ordre comme côté candidats. « Il y a un enjeu de professionnalisation des acheteurs », estime-t-il, dans un marché où la formation reste un « achat indirect » à la main des DRH (directeurs des ressources humaines). La vision de la RSE reste souvent cantonnée à l’environnemental, délaissant l’impact social et la gouvernance. « La RSE ne fait pas forcément gagner, mais elle peut faire perdre », avertit-il.

Une démarche de longue haleine

Certains organismes de formation sont en pointe : Sana Ronda, directrice générale de Linguaphone, a engagé son entreprise dans une démarche RSE depuis plus d’une dizaine d’années, en adhérant à la Charte RSE de la fédération, puis rejoignant le Global Compact de l’ONU (Pacte mondial), avant de s’engager dans la norme Iso26000 de l’Afnor, et de faire financer par un autre client l’évaluation par Ecovadis. Des démarches contraignantes en temps et en argent, pour la chef d’entreprise qui estime que « Qualiopi est le premier niveau de la RSE » et qu’il faudrait éviter « l’inflation d’Excel à remplir » pour les organismes certifiés.

Pour Anne Audouin, directrice de la formation professionnelle et de l’emploi au Conseil régional du Centre-Val de Loire, « quand la démarche est authentique, à 360°, ça se voit ». Sa région lance le volet 2 du plan Trans’Formation pour accompagner l’écosystème à répondre à différents enjeux, dont les questions sociales et environnementales.

« Sociale, cela répond à l’ADN du secteur, relate Anne Audouin, surtout si on forme des demandeurs d’emploi et des publics éloignés de l’emploi ». Pour l’écologie, c’est plus compliqué… La région a financé des diagnostics carbone dans une dizaine OF, en a outillé d’autres d’une « calculette carbone ». Dans le cadre du prochain plan régional de formation, elle demande aux OF de s’inscrire dans une « dynamique de progrès » en matière de RSE.

Pour l’heure, les acteurs admettent être dans une « démarche d’apprentissage ». Une démarche qu’un Club RSE au sein des Acteurs de la compétence, pourrait bientôt accompagner.

Seniors en emploi : former ne suffit pas, il faut anticiper

Discrimination dès 50 ans, formations inadaptées, ruptures professionnelles entre 56 et 58 ans… Le maintien des salariés seniors dans l’emploi ne se joue pas au moment où la situation devient critique, mais bien en amont.

Par  – Le 20 mars 2026. Le quotidien de la formation

Coaches, spécialistes des transitions et DRH (directeurs des ressources humains) convergent vers un même constat : ce qui fait défaut n’est pas la capacité des seniors à se former, mais l’absence d’une stratégie de trajectoire pensée suffisamment tôt.

Coach en « seconde partie « de carrière chez Hello Masters Blandine Mercier est formelle : attendre 55 ans pour s’interroger sur son maintien dans l’emploi, c’est déjà trop tard. « Le basculement psychologique intervient entre 47 et 52 ans », affirme-t-elle. C’est à cet âge que l’entreprise modifie, souvent imperceptiblement, sa projection sur le salarié : on lui confie moins de projets structurants et on le maintient au sein de son périmètre historique. « Ce qui change à cet âge n’est pas la compétence mais la projection que l’entreprise fait sur la durée d’utilité restante du collaborateur », souligne-t-elle.

Discrimination par l’âge

Un constat qui est corroboré par les statistiques du Défenseur des droits, qui place l’âge au premier rang des critères de discrimination perçue au travail en France (devant l’origine et le genre) et ce dès le passage de la cinquantaine. Selon Blandine Mercier, en l’absence d’anticipation, la rupture survient souvent vers 56-58 ans. Spécialiste des transitions professionnelles chez Proevolution, Laurent Dieterich partage ce diagnostic et plaide pour que la réflexion s’engage dans le cadre d’une GEPP (Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels), « idéalement dès 45 ou 50 ans », c’est-à-dire, bien en amont de toute situation critique.

Nécessité de former les seniors, mais…

Si la plupart des experts s’accordent sur la nécessité de former les seniors, les pratiques réelles s’avèrent souvent bien loin du compte. Blandine Mercier identifie notamment un écart structurel entre ce qui est financé par les organismes publics et ce qui s’avère réellement utile. « Le collaborateur senior est formé pour conserver sa position mais il n’est pas formé pour assurer sa contribution future à l’organisation », déplore-t-elle. Les formations proposées aux seniors demeurent trop souvent centrées sur la mise à niveau réglementaire ou logicielle, là où ce qui maintient dans l’emploi relève d’une autre logique : transition de métier, accès à la gouvernance, diversification de rôle.

Elasticité face au changement

« La formation est comparable à une pratique sportive, métaphorise Laurent Dieterich. Il s’agit d’une mise à nouveau régulière des compétences qui rend le collaborateur plus élastique et adaptable face aux changements. » Mais attention, la formation seule ne constitue pas un rempart absolu contre le licenciement si elle n’est pas intégrée en amont dans une stratégie d’anticipation des compétences et de repositionnement interne. Les données DARES et Céreq viennent confirmer ce diagnostic par les chiffres : les salariés de plus de 55 ans accèdent moins à la formation longue qualifiante que les 30-45 ans, et se voient proposer davantage de formations courtes d’adaptation. Un paradoxe que Blandine Mercier formule avec clarté. « C’est précisément cette moindre mobilité organisée qui crée ensuite les sorties contraintes du marché du travail », constate-t-elle.

Toutes les formations ne se valent pas

Par ailleurs, toutes les formations ne se valent pas. La coach de carrière distingue ainsi celles qui élargissent le « spectre de contribution » (gouvernance, management transversal, transmission structurée, pilotage économique) de celles qui ne font que « colmater » : mise à niveau bureautique, formation trop spécialisée sans mobilité associée. « Une formation sans trajectoire est perçue par le marché comme une rustine. Une formation intégrée à une transition devient un avantage compétitif », analyse-t-elle. Ces formations de trajectoire doivent permettre de réaliser des transitions internes vers des rôles d’expert ou de mentor et des transitions externes vers le conseil ou le temps partagé. De son côté, Laurent Dieterich souligne que l’agilité face aux nouvelles technologies ne relève pas de l’âge de l’intéressé(e) mais de san personnalité. « Certains seniors sont très à l’aise avec le numérique, tandis que d’autres se sentent dépassés », note-t-il. Ce qui change la donne ? L’entretien régulier de la compétence et la capacité à capitaliser sur une expérience solide tout en s’ouvrant aux nouvelles formes d’exercice des métiers, y compris celles que l’intelligence artificielle est en train de remodeler.

La formation est un droit

DRH de Diebold Nixdorf France, Sophie Benoist, tranche avec les constats généraux. Dans cette entreprise de 500 collaborateurs spécialisée dans les solutions bancaires et les automates de caisse, 25 % des effectifs ont plus de 57 ans. « C’est assumé. Nous ne sommes pas dans la logique du « trop vieux pour être formé ». Chez nous, la formation est un droit, pas un privilège réservé aux jeunes », affirme la DRH. Le résultat est concret : aucun collaborateur senior n’est resté sans formation sur les six dernières années, le taux d’accès à la formation atteint 77 % — contre environ 50 % en moyenne nationale — et le turnover s’élève à 8,5 %. Le modèle de l’entreprise repose sur plusieurs piliers : des entretiens professionnels tous les deux ans, des formations internes sur les compétences métiers, des formations externes sur le leadership et les soft skills, et un suivi post-formation systématique. « Une formation ne sert à rien si elle n’est pas mise en pratique. Nous organisons des debriefs avec les managers pour évaluer l’impact », plaide la DRH. Quant à la valeur intrinsèque des seniors, la position de Sophie Benoist est sans équivoque. « Leur expertise est irremplaçable. Dans nos métiers de niche, l’expérience compte autant que la technicité. Un senior qui maîtrise nos solutions depuis 20 ans est une mine d’or », vante-t-elle.  Leur capacité d’adaptation ? « Un collaborateur motivé, quel que soit son âge, saura s’approprier de nouvelles compétences ». Au final, le problème ne relève en rien de la capacité des seniors à se former mais dans l’absence d’outillage adapté à la réalité d’une carrière longue.

Capsules de microlearning pour comprendre l’IA – Ressources pédagogiques

Atelier du formateur, Mars 2026

Les capsules de microlearning ont été développé par l’ANITI, l’institut interdisciplinaire d’intelligence

artificielle dans le cadre d’un projet de Toulouse Tech (écoles ingénieurs de Toulouse). Elles concernent les formations à l’IA pour un public débutant à intermédiaire. Elles sont proposées dans un format court avec des activités interactives ludiques ainsi que des quiz. Certaines capsules sont mises à disposition en accès direct sans besoin d’identification.

Introduction à l’IA : histoire et personnalités influentes – L’art du prompting : Le prompt Engineering – L’art du prompting : 3 techniques pour bien débuter – Apprendre à prompter : techniques avancées – Neurones biologiques vs formels – Ethique des modèles d’IA – Mise en situation – IA et sobriété numérique : comment réduire notre empreinte ? L’IA et les libertés fondamentales – L’IA, partenaire d’apprentissage : optimiser sansremplacer – L’IA au service de l’environnement – Anatomie d’une IA Générative – L’empreinte carbone de l’IA …

 

« Changer de métier », un nouveau service de France Travail

Pour faciliter la reconversion professionnelle, France Travail lance un nouvel outil d’exploration des métiers : Changer de métier.

Mise à disposition de tous, à titre expérimental, la plateforme gratuite « Changer de métier » permet aux professionnels comme au grand public de se projeter dans d’autres milieux professionnels. Pour cela, France Travail et la start-up d’État Diagoriente, spécialisée dans les transitions professionnelles, placent l’identification des compétences au cœur du processus.

L’utilisateur est ainsi amené à s’exprimer sur ses attentes, d’une part, et ses compétences, d’autre part. Il indique, dans un premier temps, ses préférences en matière d’horaires, de pénibilité, de déplacements, etc. : cela permet à la plateforme de déterminer un certain nombre de filtres relatifs aux conditions d’emploi. Les réponses à ce questionnaire de 15 items permettront, in fine, de faire émerger les métiers les plus pertinents.

Dans un second temps, l’usager doit présenter son parcours professionnel et toute éventuelle expérience extraprofessionnelle (expérience personnelle, bénévolat et engagement). Ces renseignements ont pour but de faire la lumière sur l’ensemble des compétences déjà acquises. Comme dans un CV, il est invité à renseigner ses différents métiers, ainsi que leur période d’exercice, puis à sélectionner, depuis une liste, les compétences mobilisées.

Viennent ensuite les suggestions de métiers en lien avec les compétences acquises. Assorties de leur code ROME, elles apparaissent par ordre de pertinence, de la « plus proche » à la « moins proche ». La plateforme offre également la possibilité d’élargir ses recherches à d’autres secteurs.

Source : Cap Métiers Nouvelle Aquitaine – 13/03/2026

France Travail lance une feuille de route nationale 2026-2029 pour l’agriculture

France Travail a révélé à l’occasion du Salon de l’agriculture une feuille de route sectorielle et nationale 2026-209 pour pallier les défis des recrutements dans le secteur. Selon l’opérateur, pour trois agriculteurs qui partent en retraite, un seul nouvel agriculteur s’installe. Et quand plus de 200 000 recrutements sont nécessaires chaque année, près d’un sur deux est jugé difficile.

Par  – Le 06 mars 2026. Le quotidien de la formation

La France reste la deuxième puissance agricole de l’Union européenne et emploie 1 259 718 salariés au 1er janvier 2024, dans 416 346 exploitations en activité sur le territoire. D’après les données de l’Insee, l’activité se concentre dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Grand Est, Nouvelle Aquitaine et Occitanie (par ordre décroissant). C’est l’équipe Bretagne de France Travail qui a ainsi mené les échanges, sous forme de LAB, avec l’ensemble des parties prenantes [ 1 ] pour élaborer la feuille de route.

Elle déploie cinq axes pour renforcer l’attractivité des métiers agricoles et améliorer l’adéquation entre offres et demande d’emploi :

– faire découvrir les métiers pour susciter des vocations, notamment via des immersions terrain et des journées découverte dans les exploitations et les entreprises de travaux agricoles ;

– accélérer les recrutements avec des outils innovants (une plateforme dédiée sera lancée le premier semestre 2026) et une meilleure coordination des acteurs (acculturation des prescripteurs, recensement des besoins …) ;

– former aux besoins réels des territoires, avec des parcours courts et opérationnels (notamment les préparations opérationnelles en emploi individuelles, avec un objectif de +15 % par rapport aux 948 POEI réalisées en 2025 dans l’agriculture)

– accompagner les exploitants dans leurs pratiques de recrutement et de fidélisation ;

– Et sécuriser les parcours professionnels, en développant les mobilités et les passerelles (accompagner les reconversions vers des métiers moins pénibles, faire de l’emploi saisonnier un levier d’insertion durable…).