Réforme VAE : un décret précise la composition des jurys et la durée du congé

Composition des jurys, durée du congé : un décret précise le fonctionnement de la nouvelle VAE
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Le décret n° 2024-332 du 10 avril 2024 relatif au jury et au congé de Validation des acquis de l’expérience (VAE), publié au Journal officiel du 12 avril, complète le décret du 27 décembre 2023 qui porte la majeure partie de la mise en œuvre de la réforme de la VAE.
Le décret du 10 avril acte ainsi le doublement du congé de VAE, qui passe de 24 heures à 48 heures.
Il précise aussi les règles relatives à la composition des jurys de VAE. Ces derniers doivent être composés « conformément aux dispositions régissant le diplôme, le titre à finalité professionnelle ou le certificat de qualification professionnelle visés ». Ils doivent réunir « au moins deux personnes, dont au moins une personne qualifiée au titre de la certification visée ». De plus, « la composition du jury de certification » doit concourir à « une représentation équilibrée des femmes et des hommes ».

AEF info, n°710684 (12 avril 2024) – 

JO 2024 : versement d’une aide à certains demandeurs d’emploi ou étudiants pour suivre une formation dans la sécurité privée

Une aide exceptionnelle est versée par France Travail à certains demandeurs d’emploi ou étudiants pour  favoriser les recrutements dans le secteur de la sécurité privée dans le cadre des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024.

Par  – Le 16 avril 2024. Le quotidien de la formation

Cette aide, financée par l’Etat, est versée aux demandeurs d’emploi, ainsi qu’aux étudiants volontaires qui se font connaître auprès de France Travail, ne résidant pas en Ile-de-France et qui s’engagent dans une formation pour être recrutés ensuite dans le cadre de missions de sécurité privée en Ile-de-France en lien avec les Jeux Olympiques et Paralympiques 2024. Cette aide doit permettre la mobilité de ces publics.

La formation suivie doit viser l’obtention soit du certificat de qualification professionnelle pour la sécurité des grands événements (CQP PSGE), soit du titre à finalité professionnelle agent de prévention et de sécurité (TFP APS).

La formation doit débuter au plus tôt le 2 avril 2024 et être entièrement réalisée au plus tard le 20 juillet 2024.
Pour bénéficier de l’aide dans son intégralité, le bénéficiaire doit ensuite être embauché au plus tard le 8 septembre 2024, quelle que soit la durée du contrat correspondant.
L’aide peut être sollicitée et les justificatifs produits jusqu’au 31 octobre 2024.

L’aide exceptionnelle est versée en deux fois, sur production de justificatifs :
– 200 euros lors de l’entrée en formation ;
– 400 euros lors de l’embauche par l’entreprise.
Le cas échéant, une personne déjà formée peut bénéficier du versement de 400 euros lors de son embauche, sous réserve de remplir les autres conditions.

Délibération France Travail n° 2024-20 du 29 mars 2024

Connaissez-vous l’agentivité ? (Printemps de la formation)

Au-delà de la binarité entre soft skills et hard skills, en termes de compétences, il serait peut-être pertinent d’interroger le concept d’agentivité qui concerne l’efficacité personnelle au sens large du terme. Un thème exploré lors du Printemps de la formation.

Par  – Le 23 avril 2024. Le quotidien de la formation

 

Et si pour s’adapter à un monde qui change à vive allure, la solution – individuelle et collective – était l’agentivité ? C’est le credo et la conviction de Boris Sirbey et Jérémy Lamry, deux des dirigeants de Tomorrow Theory, une agence d’innovation RH (resssources humaines) créée en 2022 par les fondateurs du Lab’ RH. En sciences sociales et en philosophie, l’agentivité, adaptation de l’anglais « agency » est la faculté d’action d’un être, sa capacité à agir sur le monde, les choses, les êtres, à les transformer ou les influencer. Explications à l’occasion de la 5ème édition du Printemps de la formation organisé du 8 au 12 avril par Unow, spécialiste de la formation à distance accompagnée.

Stimuler l’efficacité personnelle

« Aujourd’hui, plus que jamais, plutôt que de raisonner en termes de hard skills ou de soft skills, il faut distinguer les compétences routinières de celles qui sont non routinières », pointe Boris Sirbey. Selon les deux dirigeants, dans un monde de plus en plus instable et incertain, le plus important pour un individu réside dans sa faculté à générer une estime de soi, une confiance en soi et une affirmation de soi qui vont stimuler son efficacité personnelle, son agentivité. A un monde VUCA (volatile, incertain, complexe, ambigu), un concept forgé et utilisé par l’armée américaine depuis les années 1980 et adopté depuis les années 2000 par les consultants en stratégie, aurait succédé un monde BANI, un nouvel acronyme avec un B pour brittle (fragile), A (anxieux), N (non linéaire) et I (incompréhensible), sur fond de dérèglement climatique, de pandémie et d’explosion des troubles mentaux qui caractériserait une « multipolarité indéchiffrable ».

Une notion qui diffère du leadership

« Plutôt que de développer d’hypothétiques soft skills, ces compétences dites « douces » les individus doivent booster leur affirmation de soi », souligne Jérémy Lamry. Dans quelle mesure l’agentivité serait comparable avec le leadership ? « Il existe des points communspar exemple, l’autonomie, la prise de décision, répond ce dernier, mais l’agentivité a un rôle social, elle agit pour le collectif alors que le leadership est exclusivement tourné vers son organisation ». Comment dans ces conditions, développer l’agentivité dans les organisations ? En faisant coopérer les collaborateurs par petits groupes et en leur faisant affronter des défis majeurs, afin qu’ils développent une solidarité authentique et développent ainsi leur agentivité.

Les ingrédients de la compétence

Selon les deux auteurs, l’opposition entre hard skills et soft skills apparait terriblement datée, « très 20ème siècle », ironise Boris Sirbey qui correspond à une binarité qui n’est plus pertinente. « Aucune compétence n’est totalement hard skill ou soft skill, à l’image de la communication, qui est à la fois un état d’esprit, une compétence mais également une politique structurée et qui peut être évaluée », résume-t-il. Selon les auteurs, il faut se focaliser, plus que jamais, sur les ingrédients qui composent une compétence : la cognition active, les émotions, la dimension sensorimotrice (qui relève à la fois des fonctions sensorielles et de la motricité) et la conation, qui est un effort, une impulsion dirigée vers un passage à l’action.

Des formations à l’IA générative dans les grandes villes françaises

L’école d’informatique Simplon et Meta, la maison mère de Facebook, viennent de lancer des ateliers d’initiation à l’intelligence artificielle gratuits et ouverts à tous. Objectif : sensibiliser 30 000 personnes en France d’ici à la fin de l’année.

Par  – Le 17 avril 2024. Le quotidien de la formation

Désireux d’apporter des réponses aux enjeux posés par l’émergence des intelligences artificielles (IA) génératives, le géant américain Meta et l’école française d’informatique Simplon ont lancé début mars – dans le cadre d’un partenariat académique – des « ateliers d’initiation IA » dans huit grandes villes françaises (Paris, Marseille, Lyon, Lille, Nantes, Rennes, Montpellier, Bordeaux). « Ces formations sont gratuites et ouvertes au grand public, sans prérequis. L’objectif est de transmettre des notions et de permettre aux participants de prendre en main ces technologies émergentes et notamment Chat GPT. Ces outils sont relativement simples à utiliser. Il faut néanmoins y être formés, comprendre leur potentiel mais également leurs limites comme la reproduction de biais, par exemple. Nous souhaitons attirer 30 000 candidats en France d’ici la fin de l’année », explique Frédéric Bardeau, président et cofondateur de Simplon. Trois thématiques sont proposées au sein de ces ateliers : explication théorique de l’IA générative (capacités, cas d’usage), mise en pratique des différents modèles et enfin, découverte des enjeux et du bon usage des technologies.

Une plateforme de microlearning en préparation

Pourquoi s’être associé avec Meta pour ce projet d’ampleur nationale ? « Nous avons été ravi du succès de l’Académie du Metavers [ 1 ] que nous avons lancé avec notre partenaire il y a deux ans. Meta participe depuis plus de 10 ans au développement de l’écosystème de l’intelligence artificielle en France, notamment à travers son laboratoire de recherches FAIR basé à Paris, le plus important hors des États-Unis », vante Frédéric Bardeau. À l’issue des ateliers, les participants recevront un certificat de suivi de la formation, délivré par Simplon, venant attester de leur initiation et leur capacité à utiliser des outils d’IA génératives pour des tâches liées au traitement de texte, d’image et de son. Dans un second temps les deux partenaires développeront une plateforme de microlearning permettant aux personnes n’ayant pas eu accès aux formations en présentiel de disposer des contenus et exercices pratiques « afin de toucher un public plus large ».

Des partenariats régionaux pour attirer des candidats

Concrètement, le contenu pédagogique de ces ateliers est délivré par Simplon et par le collectif de réflexion et d’action Impact AI qui réunit entreprises et organisations, associées afin de favoriser l’adoption d’une IA responsable. Afin d’attirer des candidats en région, l’école Simplon s’appuie sur les écosystèmes régionaux d’emploi et de technologie tels que la French Tech, France Travail ainsi que les Chambres de commerce et d’industrie.  Responsable des affaires publiques chez Meta France, en charge de l’intelligence artificielle, Martin Signoux se réjouit de ce nouveau partenariat : « En tant que leader des nouvelles technologies, nous estimons qu’il nous incombe de participer à la pédagogie autour de ces technologies et de donner des clés aux Français afin que chacun puisse profiter des opportunités offertes par l’intelligence artificielle. Nous souhaitons rendre cette technologie accessible, de manière inclusive et incarnée ».

Notes

1. Lancées en 2022, les Académies du Métavers forment, dans la France entière, des personnes sans condition de diplômes ni de ressources, à la réalité virtuelle et à la réalité augmentée.

Emploi des seniors : la négociation échoue à trouver un accord

L’ultime réunion de la négociation interprofessionnelle « pour un nouveau pacte de la vie au travail » a débouché sur un constat d’échec des partenaires sociaux à trouver un compromis autour d’un éventuel accord. Les organisations syndicales ne devraient pas entériner la dernière version du projet discuté, qui comprenait plusieurs mesures relatives à la formation professionnelle.

Par  – Le 11 avril 2024. Le quotidien de la formation

La négociation « Pacte de la vie au travail » n’est selon toute vraisemblance pas amenée à déboucher sur un nouvel accord national interprofessionnel (ANI). La dernière version du projet d’accord, débattue jusqu’à tard dans la nuit de mardi 9 à mercredi 10 avril, doit encore être soumise par les parties prenantes à leurs instance nationales. Cependant les négociateurs côté syndicats ont indiqué qu’ils n’émettraient pas un avis favorable, ont relayé plusieurs médias.

Des propositions insuffisantes pour les confédérations syndicales

Dans son ultime version, que Centre Inffo a pu consulter, le projet d’accord soumis par le patronat fait encore apparaître la création d’un « contrat de valorisation de l’expérience expérimental » – soit un nouveau CDI senior – qui était une ligne rouge pour les syndicats. Ceux-ci étaient aussi fermement opposés à la proposition de rompre le contrat de travail des salariés en parcours de reconversion. Or celle-ci apparait toujours dans le texte, même si elle a été « adoucie » par la possibilité donnée au salarié de demander à réintégrer son entreprise avec un délai de prévenance. Les syndicats ont néanmoins surtout exprimé leur regret de ne pas voir les organisations patronales prendre en compte leurs propositions, ainsi que l’absence de création de nouveaux droits pour les salariés.

Evolution de l’entretien professionnel

Le projet d’accord fait émerger toutefois plusieurs idées de mesures qui, si elles ne débouchent pas sur un ANI, inspireront peut- être le gouvernement pour un nouveau projet de loi. Ainsi de la proposition de faire évoluer l’entretien professionnel en entretien « parcours professionnel » prenant davantage en compte les situations d’illettrisme et l’évolution des métiers. Cet entretien serait renforcé à certains moments clés de la carrière et articulé avec la visite médicale de mi-carrière à 45 ans, une proposition à laquelle s’étaient déclarés favorables plusieurs syndicats. Le texte propose néanmoins des échéances moins fréquentes pour cet entretien professionnel rénové, passant d’une obligation de réalisation tous les 5 ans contre tous les 2 ans aujourd’hui. Par ailleurs ces dispositions pourraient être adaptées par accord de branche ou d’entreprise.

Parcours d’évolution professionnelle

En matière de dispositifs de formation, les propositions du projet d’accord reflètent avant tout une volonté de simplification ; une revendication portée par le patronat depuis le début de la négociation. Elles se traduisent par la mise en place d’un parcours d’évolution professionnelle (PEP). Celui-ci serait soit à l’initiative du salarié et viendrait remplacer le projet de transition professionnelle (PTP) et les dispositifs financés par le C2P et le FIPU, soit co-construit par l’entreprise et le salarié et viendrait remplacer les dispositifs « Transitions collectives », « Pro-A » et Congé de mobilité. On notera que ce PEP « co-construit » pourrait s’appuyer sur un contrat de professionnalisation aux conditions d’éligibilité élargies. Le conseil en évolution professionnelle (CEP) serait par ailleurs renforcé dans cette nouvelle configuration, avec l’obligation d’y recourir dans le cas d’un PEP individuel (à l’initiative du salarié) et la possibilité de faire appel à ses opérateurs dans les cas des PEP co-construits débouchant sur une mobilité externe.

Financer les transitions et les reconversions professionnelles

Le projet d’accord soumis par le patronat aborde également la question du financement de la formation, dans la contrainte imposée par la lettre de cadrage de l’Etat de ne pas augmenter la dépense publique. Sur ce thème, le texte contient la proposition de « rééquilibrer » la gouvernance de France compétences pour permettre à « toutes les parties prenantes » (dont, on l’imagine, les partenaires sociaux) de participer aux décisions sur les affectations financières. La question du déficit du France compétences est elle aussi abordée directement par le texte. On retiendra en particulier que le projet d’accord propose de faire financer une partie de l’apprentissage de manière pérenne par l’Etat, rejoignant ici une proposition portée par certains acteurs de l’apprentissage.

 

Les Acteurs de la compétence proposent un dispositif unique de reconversion

Pour permettre aux salariés et aux demandeurs d’emploi de changer de métier plus facilement, les Acteurs de la compétence imaginent la création d’un dispositif unique. Baptisé « projet unique de reconversion », il serait associé à un système de primes à l’embauche pour soutenir l’emploi des seniors.

Par  – Le 10 avril 2024. Le quotidien de la formation

Alors que la négociation sur le « Pacte de la vie au travail » doit s’achever ce lundi 8 avril, la fédération des Acteurs de la compétence avance des propositions sur les sujets explorés par les partenaires sociaux : les reconversions et l’emploi des seniors. Dans un document diffusé le 2 avril, l’organisation professionnelle rappelle que « le nombre d’actifs concernés par une ou plusieurs mobilités professionnelles au cours de sa vie professionnelle est appelé à croître dans les prochaines années ». Qu’ils soient liés à des raisons personnelles ou encouragés par les mutations qui touchent les organisations, ces changements de cap doivent être facilités, selon les Acteurs de la compétence.

Un dispositif unique

C’est pourquoi, la fédération suggère la création d’un dispositif unique ouvert aux salariés et aux demandeurs d’emploi. Baptisé « projet unique de reconversion », il serait accessible de manière autonome ou en concertation avec les employeurs. Cet outil unique permettrait « d’acquérir les compétences requises pour changer de métier, les compétences nécessaires au projet de transformation de son entreprise ou encore celles pour occuper un emploi dans une autre entreprise », précise la fédération.

Des sources de financement multiples

Le financement du « projet unique de reconversion » mobiliserait, selon les situations, les budgets aujourd’hui alloués à différents dispositifs : Pro-A, Transco, contrat de professionnalisation des plus de 25 ans, FNE Formation, projet de transition professionnelle, aide à la formation émanant des Régions et de France Travail. Ces fonds pourraient être complétés par d’autres ressources, selon les circonstances, comme le compte personnel de formation pour les projets de reconversion initiés à titre individuel, qui seraient toujours gérés par les Associations Transitions Pro, ou encore le plan de développement des compétences des entreprises de moins de 50 salariés.

Des outils pour préparer et sécuriser les projets

Maintien du contrat de travail pour les salariés en poste ; formation combinant alternance, formation en situation de travail ou validation des acquis de l’expérience ; accompagnement des bénéficiaires y compris sur des sujets connexes à l’emploi pour lever les freins à la mobilité ; soutien aux employeurs en matière de diagnostic RH… : les Acteurs de la compétence imaginent différents ingrédients pour encourager la mobilisation du dispositif et sécuriser les parcours.

Des mesures spécifiques pour les séniors

Et pour améliorer l’emploi des seniors, la fédération suggère d’apporter une attention particulière à l’accompagnement en mobilisant systématiquement le conseil en évolution professionnelle à différentes étapes d’une carrière et d’articuler le dispositif de reconversion avec des primes à l’embauche de 5 000 euros pour les plus de 55 ans, à l’image des aides proposées aux employeurs qui recrutent des alternants. La question de l’emploi des seniors devrait par ailleurs être intégrée au volet formation de la négociation sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, selon la fédération.

L’emploi des seniors en pratiques

Le groupe IGS a organisé récemment une présentation de programmes susceptibles d’aider les seniors à retrouver un emploi. Une contribution concrète à un sujet d’actualité.

Par  – Le 08 avril 2024. Le quotidien de la formation

 

Se reconvertir après 45 ans. Pendant que les partenaires sociaux poursuivaient leur négociation pour augmenter le taux d’emploi des seniors, prévue pour se terminer ce 8 avril, le Groupe IGS présentait quelques dispositifs y contribuant, lors d’un direct retransmis sur YouTube le 27 mars.

L’organisme de formation a ainsi monté, pour Monoprix, un programme sur mesure en vue de recruter et former des chefs de département (alimentation, mode, beauté, maison…). Le programme, qui vise à reconvertir des demandeurs d’emploi vers des métiers en tension, n’est pas conçu spécialement pour les seniors. Sur la vingtaine d’apprenants, cinq ont plus de 45 ans et le plus âgé 54 ans. En contrat de professionnalisation qualifiant pendant 6 mois, ils se forment actuellement par exemple à l’organisation des rayons et à la gestion du stress. Expérimenté en Île-de-France, le programme pourrait être étendu. Sa particularité est que « nous ne demandons aucun pré-requis », signale Caroline Costa Savelli, directrice du pôle insertion d’IGS.

Faire prendre conscience aux seniors de leurs compétences

Le pôle insertion d’IGS regroupe les offres à destination des demandeurs d’emploi, dont la formation est en général financée par France travail ou par la région. Avec ces publics, « nous prenons le temps de discuter de leurs projets professionnels avant de proposer une formation et de les mettre en relation avec des entreprises partenaires qui ont du mal à trouver des candidats », décrit Caroline Costa Savelli. Le pôle insertion d’IGS ne s’adresse pas particulièrement aux seniors. Environ un quart des 790 demandeurs d’emploi passés par ce pôle en 2022 et 2023 étaient âgés de plus de 45 ans. Vis-à-vis de ces « seniors », l’enjeu est « de leur faire prendre conscience des compétences qu’ils ont acquises et de les transposer dans d’autres secteurs », explique Caroline Costa Savelli. Elle raconte ainsi l’histoire de ce monsieur de 45 ans qui en avait assez de travailler dans la sécurité et voulait se reconvertir dans les ressources humaines. « Mais il ne connaissait pas les RH alors qu’il avait des compétences en encadrement, raconte la directrice. Je l’ai mis en relation avec des recruteurs qui cherchaient des managers dans le secteur de la distribution ».

Mauvais comportements des employeurs

Également intervenant lors de ce direct, Eric Piquot, consultant à l’Apec, pointe la part de responsabilité des employeurs lorsqu’il signale que « les entreprises ne se comportent pas toujours bien avec les seniors ». A ces derniers, qui se sentent parfois « discriminés et isolés », l’Apec propose deux programmes. « Nouveaux horizons » s’adresse aux cadres sans emploi depuis plus d’un an et les aide à se positionner sur le marché et à retrouver du dynamisme en groupe. « Talents seniors » propose des parrainage aux cadres de plus de 50 ans au chômage depuis plus d’un an.

Jusqu’à 59 ans, le taux d’emploi des travailleurs français est relativement proche de celui des cohortes précédentes. Il est de 82,5 % pour les 25-49 ans, baisse entre 55 et 59 ans (76,4 %), puis dégringole à 36,2 % pour les 60-64 ans, selon une enquête de la Dares parue en 2023.

Pas de sécurisation sans accompagnement (séminaire des CIBC)

C’est avec la négociation Pacte de vie au travail en toile de fond (dont la séance conclusive se tient ce 8 avril) que les partenaires sociaux ont échangé jeudi 4 avril à Vichy, à l’invitation des CIBC (centres interinstitutionnels des bilans de compétences), sur la question de l’accompagnement et de la sécurisation des parcours. La perspective d’un individu acteur responsable mais accompagné se confirme.

Par  – Le 08 avril 2024. Le quotidien de la formation

Réunir à Vichy l’ensemble des partenaires sociaux à quatre jours de la séance conclusive de la négociation Pacte de vie au travail, c’est le défi relevé par la fédération nationale des CIBC pour la séquence publique de son séminaire national organisé jeudi 4 avril. Table séparée pour les organisations syndicales et patronales la veille au soir lors du diner de gala, mais bien tous ensemble le lendemain sur la scène du Palais des congrès-Opéra de la ville d’eaux. Et s’il n’était pas question d’aborder frontalement le contenu de la négociation en cours, c’est avec une énergie certaine qu’elles ont échangé sur le thème de l’accompagnement des individus et de la sécurisation des parcours dans un contexte de transitions et reconversions professionnelles.

Accompagner les salariés

C’est d’abord la CFDT qui rappelle par la voix de Séverine Garandeau-Martin, secrétaire confédérale, que la création d’un « droit à la reconversion professionnelle » figure parmi les 10 propositions communes formulées par les organisations syndicales le 19 mars (notre article). Ce droit appelé à compléter le droit à la formation déjà existant, implique selon elle un droit à l’accompagnement à la construction du parcours professionnel. Ce qui passe notamment par le CEP, mais aussi par un travail sur la traçabilité des compétences et un socle de garantie qui inclut maintien de la rémunération, droit au retour et qualité de la formation.

Accompagner les chefs d’entreprise

Conseiller confédéral de la CFTC, Maxime Dumont plaide pour davantage de qualité dans les entretiens professionnels et insiste sur la nécessité de mettre au service des dirigeants de TPE (entreprises de moins de 10 salariés) les missions RH (ressources humaines) des Opco (opérateurs de compétences). Souci partagé par Éric Chevée, vice-président de la CPME, qui regrette la faible « opérationnalité » des entretiens professionnels et appelle à se préoccuper davantage de l’accompagnement des chefs d’entreprise. Accord d’Anne-Marie Le Roueil, présidente de la commission formation de l’U2P, qui souligne toutefois que les « indépendants » souhaitent garder le contrôle du dialogue avec leurs salariés.

Manque de moyens

Pour Jean-François Foucard, secrétaire national de la CFE-CGC, c’est le manque de moyens financiers affectés aux projets de transition professionnelle (PTP) qui pose problème, avec 500 millions aujourd’hui contre 1 milliard à l’époque du CIF. Une réduction qui révèle selon lui une tentation de faire financer les transitions par la « case chômage », alors qu’un demandeur d’emploi de plus de 50 ans n’a « que 15 % de chances de retrouver un CDI. »

Développer la vision stratégique

Parce que la questions des transitions/reconversions requiert davantage d’anticipation, Anne-Marie Le Roueil (U2P), en appelle à la création d’une instance stratégique nationale multipartite, par ailleurs également évoquée par les organisations syndicales dans leurs propositions communes, qui s’appuierait sur les travaux des observatoires de branches. Secrétaire confédérale de la CGT, Sandrine Mourey regrette un « adéquationnisme » grandissant qui amoindrit la liberté de choix du salarié et dénonce une « marchandisation » de la formation par trop « court-termiste. » Évoquant par ailleurs l’impact territorial des décisions des donneurs d’ordre, la cégétiste appelle à une collaboration à visée stratégique renforcée avec les conseils régionaux.

Pour Patricia Devron, secrétaire confédérale FO, c’est notamment la disparition de la mutualisation pour les entreprises de plus de 300 salariés et la suppression du CIF, orchestrées par la loi de 2018, qui ont « appauvri » l’investissement dans la formation professionnelle et ainsi fragilisé la sécurisation des parcours.

Les organisations patronales et syndicales appellent à renforcer le CEP

Organisée jeudi 4 avril à Vichy par la Fédération nationale des CIBC, la table ronde des partenaires sociaux consacrée aux transitions et reconversions professionnelles a reconnu l’importance du CEP (conseil en évolution professionnelle) tout en interrogeant sa mise en œuvre.

Par  – Le 08 avril 2024. Le quotidien de la formation

Pour le représentant du Medef, Pierre Courbebaisse, le focus sur la formation masque un « déficit très important de l’accompagnement », qui pèse sur la sécurisation des parcours et des transitions. En dépit du CEP, qu’il souhaite obligatoire au déclenchement d’un PTP (parcours de transition professionnelle) ou du CPF, actifs et entreprises manquent selon lui fortement d’informations, tant sur les métiers et leurs évolutions que sur les référentiels, les qualifications et les emplois. Sentiment partagé par Jean-François Foucard, secrétaire national CFE-CGC, qui estime que la version 2 du CEP a appauvri la portée de l’accompagnement en faisant disparaitre le niveau 3.

CEP obligatoire ?

Insuffisamment connu selon Sandrine Mourey, secrétaire confédérale CGT, le CEP doit selon elle rester « à la main du salarié et ne pas devenir une obligation », position partagée par l’U2P qui y verrait un « échec pédagogique », mais pas par FO. Pour la CGT et les autres partenaires sociaux, le CEP est à considérer comme une étape, qui peut s’articuler avec le bilan de compétences. D’accord sur ce point, la secrétaire confédérale de la CFDT, Séverine Garandeau-Martin, appelle à davantage de coordination des outils et souligne l’importance du travail de proximité, en lien avec les territoires.

Reste à charge

Pour Maxime Dumont, conseiller confédéral CFTC, le sujet de l’articulation avec le bilan de compétences pose la question du reste à charge. En faisant peser un risque de moindre recours à cette prestation d’accompagnement financée par le CPF, il y aurait là une source d’appauvrissement de la qualité des transitions, qui se révèlerait finalement bien plus coûteux que les économies espérées.

Marché contre sécurisation

Alors que le renouvellement du marché CEP vient de parvenir à son terme (notre article), Jean-François Foucard estime que le rythme des appels d’offre insécurise les opérateurs et impacte négativement la compétence de leurs équipes. Parce qu’il estime par ailleurs qu’aucun conseiller ne peut détenir à lui-seul l’ensemble des informations nécessaires, il appelle également à davantage de partenariats et justifie ainsi la proposition de son organisation de fédérer les compétences dans une « maison de la transition professionnelle » (notre article).

À noter que pour Pierre Courbebaisse, la transformation de Pôle emploi en France travail justifierait d’étendre le public de l’opérateur, en lui permettant d’instruire également le CEP des actifs occupés. Irréaliste selon Jean-François Foucard, au vu des volumes concernés…