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Une loi du 15 avril 2024 visant à soutenir le bénévolat donne la possibilité aux associations d’abonder le CPF de leurs bénévoles.
Par Delphine Fabian – Le 18 avril 2024. Le quotidien de la formation
L’activité d’une personne bénévole qui siège dans l’organe d’administration ou de direction d’une association ou participe à l’encadrement d’autres bénévoles est recensée sur son compte d’engagement citoyen et lui permet, sous certaines conditions, d’acquérir des droits sur son compte personnel de formation (CPF). Cette activité ouvre aussi droit au congé de formation de cadres et d’animateurs pour la jeunesse et des responsables associatifs. L’association doit intervenir dans l’un des champs suivants : philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel, ou concourant à la mise en valeur du patrimoine artistique, à la défense de l’environnement naturel ou à la diffusion de la culture, de la langue et des connaissances scientifiques françaises.
Jusqu’à présent, l’association devait être déclarée depuis au moins trois ans. La loi raccourcit cette durée à un an. Par ailleurs, le congé de formation est ouvert aux personnes exerçant les missions de délégué du Défenseur des droits.
Enfin, ces associations peuvent désormais abonder le CPF de leurs bénévoles pour compléter le financement d’une formation.
L‘action de formation en situation de travail (afest) s’adapte à des publics éloignés de l’emploi, ont montré deux praticiens lors d’une conférence organisée par le Comité mondial pour les apprentissages.
Par Emmanuel Franck – Le 07 mai 2024. le quotidien de la formation
Le Comité mondial pour les apprentissages tout au long de la vie (CMAtlv) organisait, le 2 mai 2024, un webinaire sur les actions de formation en situation de travail (afest). Cette organisation non-gouvernementale avait invité deux praticiens à exposer des réalisations inspirées de cette démarche. Préalablement, Jérôme Apffel, responsable de l’ingénierie pédagogique dans la edtech Discovia, rappelle une pierre angulaire des afest : inclure des phases réflexives dont l’enjeu est d’« expliciter les apprentissages, de mettre des mots sur les compétences » mobilisées afin que l’apprenant se les approprie.
Mathilde Déom, chargée de mission chez Chênelet développement, un organisme de formations pour des personnes en insertion professionnelle notamment dans l’industrie du bois, décrit comment cette prise de distance vis-à-vis de la situation de travail en dévoile le contenu. « Le poste de vérificateur en fin de production est vu comme peu valorisant car il donne l’impression qu’il ne s’y passe rien. En montrant tout ce qu’on y fait réellement, on montre les compétences développées à ce poste ; la personne qui l’occupe ne se dit plus qu’elle est reléguée là parce que pas très futée », illustre-t-elle. Si Mathilde Déom ne pratique pas encore la fest, elle anticipe son intérêt pour des publics fragiles. La fest produit une situation « valorisante » pour l’apprenant, qui développe de la « confiance en soi ». De l’autre côté, « l’encadrant, se rendant compte de la complexité du poste, évitera d’y affecter les nouveaux arrivants », explique-t-elle. « Simple » à appréhender pour l’encadrant, la fest lui offre la satisfaction de transmettre son savoir. Mathilde Déom anticipe également le revers de la médaille. La fest « prend beaucoup de temps à des encadrants qui ne sont pas des experts de la pédagogie ». Et comme la fest se déroule, par construction, pendant le travail -certes adapté à des fins pédagogiques- il faut faire avec ses aléas : les absents, les machines qui tombent en panne…
Yves Monteillet, consultant-chercheur à Pro Sapiens, qui conçoit des outils de formation au travail, raconte une expérience avec un groupement d’employeurs agricoles de la Somme. Ces employeurs recherchent de la main d’œuvre ; de l’autre côté, des personnes éloignées de l’emploi en cherchent un. Comment des professionnels de l’emploi peu au fait des choses agricoles peuvent-ils identifier les compétences de ces métiers pour ensuite les proposer aux demandeurs d’emploi? « Des conseillers France travail [ex-Pôle emploi] ont passé une journée dans une exploitation agricole ; l’exploitant leur a présenté des situations de travail (traire les vaches, par exemple) ; les conseillers ont ensuite repéré les compétences mobilisées grâce à un référentiel sous forme d’un jeu de 45 cartes », raconte Yves Monteillet. Résultats : « 300 bénéficiaires du RSA en sont sortis ; les agriculteurs n’ont plus de problème de sourcing ».
La validation des acquis de l’expérience (VAE), créée en 2002, est en pleine réforme, avec le déploiement progressif du portail France VAE. L’objectif : mettre en place un « service public de la validation des acquis de l’expérience ». La réforme entend simplifier la VAE pour en tripler le volume. Concrètement, ces simplifications vont-elles aider les entreprises et leurs responsables formation à utiliser la VAE dans le cadre de leur gestion des talents et des compétences ?
Sommaire
La réforme de la VAE en bref
Comment accompagner ses collaborateurs dans leur démarche de VAE ?
Un congé de VAE assoupli pour les salariés
4 raisons de promouvoir la VAE dans l’entreprise
La réforme simplifie-t-elle réellement la VAE ?
La réforme de la validation des acquis de l’expérience a été initiée par la loi du 21 décembre 2022, suite à la remise du rapport Rivoire au début de cette même année. Le rapport émettait des propositions qui visaient à lever les freins pesant sur le processus de VAE. Créée en 2002, celle-ci avait en effet connu son pic en 2008-2009 avant de décliner lentement. Si l’on excepte l’anomalie de 2020, l’année 2022 a vu le plus bas nombre de validations des acquis de l’expérience abouties depuis 2005.
(source : jaunes budgétaires)
Pour enrayer ce déclin, le rapport identifiait les points de frictions et préconisait de créer un service public numérique de la VAE, ainsi qu’un système d’information réunissant tous les acteurs du dispositif. Il recommandait également de soigner et de financer l’accompagnement à chaque étape de la VAE. Ces prescriptions, pour l’essentiel, ont été mises en œuvre dans la réforme.
Parmi les autres propositions du rapport figurait l’automatisation de la phase d’examen du dossier de faisabilité, la première étape de la procédure. Cette proposition n’a pas été retenue telle quelle, mais l’obstacle a été pris en compte : cette phase fera l’objet d’un accompagnement renforcé des candidats.
En l’état, la réforme comporte :
Cet accompagnement peut aller très loin, dans la mesure où le candidat peut déléguer à l’AAP le soin de présenter le dossier de faisabilité. C’est en ce sens qu’Olivier Gérard, le préfigurateur de France VAE, a pu dire en interview que « l’ancien dossier de recevabilité – un document Cerfa accompagné d’une notice de 16 pages ! – est supprimé et remplacé par un entretien du candidat avec un architecte-accompagnateur de parcours (AAP) ». La référence à une durée minimale d’un an d’expérience professionnelle a par ailleurs été supprimée de la loi. Les conditions de recevabilité du dossier seront précisées par arrêté.
Pour résumer, la réforme ne simplifie pas vraiment la structure de la procédure VAE en elle-même. Elle mise surtout sur la rationalisation du système d’information, la qualité de la communication et la qualité de l’accompagnement pour rendre la complexité du système plus accessible et moins intimidante.
Un décret du 27 décembre 2023 est venu préciser la nouvelle procédure.
La transition se fait de façon progressive :
La validation des acquis de l’expérience fait partie des leviers à disposition des DRH et des responsables formation pour développer les parcours des collaborateurs, en leur permettant d’obtenir des certifications inscrites au RNCP. À ce titre, le plan de formation, ou plan de développement des compétences, peut contenir un chapitre « VAE », même si ce n’est en rien obligatoire.
Mais il existe bien une petite obligation de l’entreprise en relation avec la VAE : les entretiens professionnels bisannuels doivent contenir une information sur la validation des acquis de l’expérience. Le sujet doit donc être abordé avec les collaborateurs, et il est préférable que le compte rendu de l’entretien en conserve la trace.
Au-delà de cette obligation, le DRH ou le responsable formation peut être amené à soit à proposer une VAE à un collaborateur (qui n’a bien sûr aucune obligation de l’accepter), soit à répondre à une attente ou une demande explicite de sa part en la matière.
Le parcours est alors le suivant :
Si la certification fait partie de celles qui sont déjà intégrées dans le portail France VAE :
Le parcours proposé comprend :
Pour les autres certifications :
La procédure suit les mêmes étapes (dossier de faisabilité, dossier de validation, jury). Mais il y a deux différences :
Le candidat ne bénéficie donc pas de l’interface centralisée de France VAE. Mais la plupart des ressources nécessaires sont déjà réunies sur ce site, ce qui facilite les démarches.
Le DRH ou le responsable formation peut accompagner ses salariés de plusieurs manières :
Le rapport Rivoire insistait sur la nécessité d’un accompagnement accessible et gratuit. Le portail France VAE donne facilement accès à une liste d’architectes-accompagnateurs de parcours « agréés ». France VAE peut financer l’accompagnement, mais il n’est pas certain que cette aide soit automatique, et les règles d’allocation des fonds doivent encore être précisées. Le financement peut aussi provenir du compte personnel de formation (CPF), si la démarche a été initiée par le collaborateur ; mais aussi de l’employeur, dans le cadre du plan de développement des compétences.
Les salariés peuvent demander le bénéfice d’un congé de VAE de 48h maximum (contre 24h avant la loi du 21 décembre 2022) pour participer à l’évaluation de leur candidature par le jury et à la préparation à cette évaluation. Le décret du 28 décembre 2023 en a encore assoupli les conditions pour le collaborateur :
Pour avoir droit au congé de VAE, le salarié doit cependant être en mesure de justifier de la recevabilité de son dossier, et l’employeur peut demander des preuves de sa participation à l’évaluation a posteriori.
Le congé de VAE est rémunéré comme du temps de travail. Si l’évaluation a lieu en dehors du temps de travail, il est couvert par l’assurance maladie et accidents professionnels.
Lorsque la VAE a lieu sur proposition de l’entreprise, le congé de VAE n’a pas forcément d’intérêt. Si l’initiative vient du collaborateur, cependant, l’employeur ne peut s’y soustraire.
La validation des acquis de l’expérience (VAE) est souvent présentée comme la « 3e voie de certification » – après la formation initiale et la formation continue. Elle permet à un adulte de faire valoir l’expertise et les compétences acquises dans l’exercice de sa profession pour obtenir le diplôme correspondant.
Pour le DRH et le responsable formation, il peut être intéressant d’accompagner certains collaborateurs dans leur démarche de VAE dans différentes circonstances :
Il peut s’agir, dans ce dernier cas, d’une « VAE inversée » : la VAE vient sanctionner l’expérience acquise dans l’entreprise même. Le dispositif de VAE inversée est actuellement en phase d’expérimentation, sur les métiers en tensions. Seuls 5 000 salariés sur 3 ans pourront en bénéficier, dans le cadre de projets qui peuvent être montés par des branches, des Opco, un organisme de formation, mais aussi par une entreprise. Ce curieux nom de « VAE inversée » désigne en réalité, tout simplement, des contrats de professionnalisation dans lesquels la partie « théorie » est assurée non pas par un organisme de formation mais par l’entreprise elle-même. Au lieu d’être validée par un examen classique, la certification visée par la formation est validée formellement par un jury de VAE.
Il faudra attendre cependant une éventuelle généralisation du dispositif à l’issue de l’expérimentation pour que la VAE inversée rejoigne la palette des outils VAE à la disposition des entreprises et des salariés.
Le rapport Rivoire identifiait 3 points de rupture dans la procédure de VAE : l’information, le dossier de faisabilité, le dossier de validation. La réforme répond-elle à ces trois points ?
Le décret du 27 décembre 2023 détaille ainsi le processus : « L’examen de la recevabilité consiste à vérifier le caractère suffisamment adéquat des activités précédemment exercées par le candidat, des formations qu’il a suivies et des blocs de compétences dont il a obtenu la validation, ou dont il est susceptible de l’obtenir à l’issue d’une formation en cours, avec le référentiel de la certification visée, ainsi que le respect des conditions particulières fixées par ce référentiel. »
Le rôle de l’AAP devrait donc être déterminant, même si les spécificités des différents certificateurs continueront certainement à jouer. Il reste le délai de 2 mois laissé au certificateur pour trancher la recevabilité, qui semble vraiment excessif. Un espoir : ce délai est passé, avec la réforme, de la loi vers le règlement, ce qui signifie qu’il pourra être réduit par décret.
Globalement, la réforme simplifie indéniablement l’accès à la VAE, même si de nombreuses questions (financement, critères de recevabilité, capacité de traitement du système…) restent en suspens. Après une année 2024 qui pourrait être marquée par un certain attentisme en raison de la transition, il sera intéressant d’observer l’évolution des demandes de VAE. L’objectif de triplement des candidatures en jury sera-t-il atteint, ou connaîtra-t-il le même sort que le même vœu formulé en 2006 dans un précédent « plan de relance de la VAE » ?
source : newsletters Via compétence avril 2024
Le décret a été publié le 28 avril 2024 et confirme la suppression de l‘aide exceptionnelle aux employeurs dans le cadre d’un contrat de professionnalisation.
Le projet de décret annonçait une suppression de l’aide à partir du 1er mai 2024 (cf. actualité). C’est officialisé avec la publication du décret n°2024-392 du 27 avril 2024 au Journal Officiel.
Ainsi à partir du 1er mai 2024, tout contrat de professionnalisation signé n’ouvrira plus de droit à l’aide de 6 000 euros pour les employeurs. Cela concerne également les contrats de professionnalisation support de l’expérimentation de VAE inversée.
Cependant, certaines aides sont toujours valables :
Consultez le Décret n°2024-392 du 27 avril 2024 sur la suppression de l’aide exceptionnelle aux employeurs de salariés en contrat de professionnalisation.
La Commission a présenté aujourd’hui un plan d’action visant à remédier aux pénuries de main-d’œuvre et de compétences et propose de collaborer avec les États membres et les partenaires sociaux pour résoudre ces problèmes au cours des mois et des années à venir. Le plan d’action s’inscrit dans le cadre de la stratégie de l’UE visant à stimuler sa compétitivité et à renforcer sa résilience économique et sociale.
Sources :
Depuis près d’une décennie, les pénuries de main-d’œuvre et de compétences s’aggravent dans tous les États membres. Ces pénuries sont dues à l’évolution démographique, à la demande de nouvelles compétences liées aux évolutions technologiques et à la double transition, à la volonté de développer davantage nos propres secteurs industriels, aux besoins en matière de défense et de sécurité et aux défis liés aux conditions de travail dans certains secteurs et sur certains sites. La Commission a recensé 42 professions «en pénurie», et observe quelques différences entre les États membres.
Le plan d’action est également un élément clé de l‘Année européenne des compétences. Il s’appuie sur les nombreuses mesures politiques et de financement déjà en place au niveau de l’UE, telles que le pacte pour les compétences, qui a jusqu’à présent permis de former 3,5 millions de travailleurs, les objectifs en matière d’emploi et de compétences pour 2030 approuvés lors du sommet social de Porto, les directives sur les salaires minimaux adéquats et sur le travail via une plateforme, ainsi que sur les 65 milliards d’euros de fonds de l’UE disponibles pour investir dans le domaine des compétences.
Le plan d’action fait suite au sommet des partenaires sociaux de Val Duchesse de janvier 2024 et la Commission l’a présenté, en coopération avec les partenaires sociaux, dont le rôle est essentiel pour mettre en œuvre des solutions permettant de relever ces défis. Le plan définit des mesures dans cinq domaines à mettre en œuvre rapidement au niveau de l’UE, des États membres et des partenaires sociaux:
Il est essentiel de remédier aux pénuries de main-d’œuvre et de compétences pour stimuler une croissance économique durable dans l’UE, saisir les possibilités offertes par les transitions écologique et numérique, favoriser la création d’emplois de qualité, accroître notre résilience économique et sociale face aux changements géopolitiques et garantir un financement suffisant des politiques sociales et de l’emploi dans l’UE.
Exemples de mesures:
La Commission:
Les États membres sont invités:
Les partenaires sociaux entendent :
Prochaines étapes
La Commission suivra également l’évolution de la mise en œuvre de ce plan d’action dans le cadre du semestre européen. En outre, la Commission invitera les États membres au sein du Comité de l’emploi et du Comité de la protection sociale à organiser régulièrement des échanges tripartites sur cette question, avec la participation des partenaires sociaux européens et nationaux.
Contexte
Les pénuries de main-d’œuvre et de compétences devraient continuer d’augmenter au cours des prochaines décennies, principalement en raison de l’évolution démographique et de l’augmentation de la demande en travailleurs possédant des compétences spécifiques, requises par exemple pour les transitions numérique et écologique. Près des deux tiers (63 %) des petites et moyennes entreprises ont déclaré dans une récente enquête Eurobaromètre qu’elles ne parvenaient pas à trouver les talents dont elles avaient besoin. D’ici à 2030, 3,5 millions de nouveaux emplois devraient être créés dans les seuls secteurs des énergies renouvelables. Par ailleurs, la Commission a recensé 42 professions qu’elle considère comme des professions en pénurie à l’échelle de l’UE. Parallèlement, 21 % des personnes âgées de 20 à 64 ans dans l’UE sont actuellement inactives et ont besoin d’une aide ciblée pour entrer sur le marché du travail.
L’investissement dans les compétences des citoyens contribue à remédier aux pénuries de main-d’œuvre, à maîtriser les transitions écologique et numérique et à garantir la compétitivité future de l’Europe. Dans cette optique que l’année 2024 est proclamée «Année européenne des compétences», une initiative qui vise à aider les citoyens à acquérir les compétences adéquates pour des emplois de qualité et à aider les entreprises à remédier aux pénuries de compétences dans l’UE.
Le plan d’action sur les pénuries de compétences et de main-d’œuvre constitue une prochaine étape concrète qui contribue à la réalisation de cet objectif. Il a été annoncé lors du sommet des partenaires sociaux de Val Duchesse, réuni par la présidente von der Leyen et la présidence belge du Conseil de l’UE, le 31 janvier, à la suite de son annonce dans le discours sur l’état de l’Union de 2023. Le plan s’appuie sur diverses initiatives déjà en place au niveau de l’UE et des États membres, ainsi que sur des partenaires sociaux qui ont été consultés à son sujet. Il s’appuie en outre sur les initiatives du plan d’action sur le socle européen des droits sociaux, sur les orientations stratégiques dans le cadre du Semestre européen et sur le soutien financier de l’UE. La mise en œuvre de ce plan d’action est essentielle pour atteindre les grands objectifs de l’UE pour 2030 en matière de compétences et d’emploi, à savoir un taux d’emploi de 78 % et une participation de 60 % des adultes à une formation annuelle.
L’UE investit environ 65 milliards d’euros(*) dans des programmes de développement des compétences, principalement au titre de la facilité pour la reprise et la résilience (RRF) et du Fonds social européen plus (ESF+).
On en parlait depuis quelques semaines. Ça y est, le décret est sorti. A compter du 2 mai 2024, le reste à charge CPF entre en vigueur. Cette participation financière obligatoire connaît toutefois des exceptions.
La mesure a été prise dans le cadre de la loi de finances 2023. Le titulaire du compte personnel de formation participe désormais au financement de sa formation. La loi prévoit que cette participation peut être proportionnelle au coût de la formation dans la limite d’un plafond, ou fixée à une somme forfaitaire.
La participation financière n’est pas due par les demandeurs d’emploi et les salariés dont la formation fait l’objet d’un abondement de la part de leur employeur.
Mais pour entrer en vigueur, un décret devait fixer les modalités de sa mise en œuvre, ainsi que les conditions dans lesquelles un tiers pouvait assumer ce reste à charge.
En février, le Gouvernement avait annoncé sa mise en œuvre au cours de l’année 2024. Le décret a été publié le 30 avril, le reste à charge CPF entre en application le 2 mai 2024.
Le décret prévoit une somme forfaitaire pour la participation obligatoire au financement des actions de formations éligibles au CPF. Elle est fixée à 100 euros.
Ce montant sera relevé au 1er janvier de chaque année par arrêté en fonction de l’indice mensuel des prix à la consommation hors tabac des ménages.
Cette participation financière forfaitaire peut être prise en charge par :
l’employeur ;
l’opérateur de compétence.
Les demandeurs d’emploi, tout comme les salariés qui suivent une formation qui fait l’objet d’un abondement de leur employeur, n’ont pas à supporter ce reste à charge. Cette règle s’applique également lorsque l’abondement versé par l’employeur est effectué en application d’un accord collectif (entreprise, groupe, convention collective, accord conclu par les organisations syndicales gestionnaires d’un OPCO).
Sous certaines conditions, en cas d’action de reconversion, le titulaire d’un CPF est exonéré de cette participation forfaitaire lorsqu’il mobilise tout ou partie des points inscrits sur son compte professionnel de prévention.
L’entrée en vigueur du reste à charge est fixée au 2 mai 2024.
Décret n° 2024-394 du 29 avril 2024 relatif à la participation obligatoire au financement des formations éligibles au compte personnel de formation, Jo du 30/04/24I V
Source – Isabelle Vénuat Juriste en droit social et rédactrice au sein des Editions Tissot
Aider les personnes qui auraient des difficultés à s’acquitter du reste à charge que souhaite instaurer le gouvernement sur le compte personnel de formation (CPF) : c’est l’ambition du projet porté par l’organisme de formation Lingueo. La création d’un fonds de dotation figure parmi les pistes étudiées.
Par Estelle Durand – Le 26 avril 2024. Le quotidien de la formation
La donne va changer pour les titulaires d’un compte personnel de formation (CPF). Prévue par la loi de finances 2023, le projet de faire contribuer financièrement les personnes qui s’engagent dans une formation via leur CPF se précise. Sauf cas particuliers, les personnes qui mobilisent le dispositif auront bientôt à s’acquitter d’un forfait de 100 euros, selon le projet de décret révélé par le journal Les Échos. Une mesure décriée par de nombreux acteurs parce qu’elle risque de freiner l’accès à la formation. Afin d’éviter que des personnes renoncent à se former pour des raisons financières, d’autres imaginent des solutions. C’est le cas de l’organisme de formation Lingueo. « Les actifs disposant de peu de moyens risquent de se retrouver dans une situation délicate. Pour ne pas casser la dynamique insufflée par le CPF, nous proposons de créer un fonds qui viendrait en aide aux personnes ayant des difficultés à s’acquitter du reste à charge », expliquent Guillaume le Dieu de Ville et Arnaud Portanelli, fondateurs de l’organisme spécialisé dans les cours de langues.
Les deux entrepreneurs ambitionnent de fédérer d’autres acteurs – organismes de formation, certificateurs, entreprises… – pour créer « un fonds d’intérêt général » qui permettrait de « mutualiser des dotations » afin de soutenir l’accès à la formation de certaines catégories de public. « Le remboursement du reste à charge pourrait s’effectuer en fonction de trois critères, imaginent les fondateurs de Lingueo : le niveau de revenu des titulaires, la réalisation de la formation et l’obtention de la certification visée. » Ces deux derniers critères permettraient, selon eux, de renforcer l’engagement des bénéficiaires et de créer une dynamique vertueuse.
L’initiative n’en est qu’au stade de la réflexion. Les fondateurs de Lingueo explorent différentes pistes pour évaluer quelles seraient les solutions adaptées sur le plan juridique et fiscal. « Nous sommes en train de regarder ce qui se fait dans le secteur associatif ou dans le domaine des fondations, et de nous rapprocher de structures qui soutiennent l’éducation et la formation », précisent Guillaume le Dieu de Ville et Arnaud Portanelli. Parmi les options figure la création d’un fonds de dotation alimenté par des entreprises et des particuliers qui pourraient en retour bénéficier de réductions d’impôts. Structure juridique, organisation, modalités de gestion, implications fiscales, capacité à suivre le parcours des stagiaires et à gérer de nombreux dossiers de remboursement… : un tel projet ne s’improvise pas. D’autant que ce type d’initiative doit répondre à des critères de transparence sur le plan de l’éligibilité des personnes et de l’utilisation des fonds. Autres impératifs : faire en sorte que le dispositif soit connu des bénéficiaires potentiels et simple à enclencher.
Les fondateurs de Lingueo ont commencé à approcher leur réseau pour identifier d’éventuels partenaires. « Nous sommes convaincus par l’esprit de la réforme de 2018 et souhaitons trouver des solutions collectives pour ne pas écarter de la formation les personnes les plus fragiles. » Avis aux bonnes volontés qui veulent comme eux s’engager en faveur de l’accès à l’éducation et à la formation.
Texte, son, vidéo… : les IA génératives débarquent dans la formation. Test et modes d’emploi pour les utiliser avec pertinence, à l’occasion du Printemps de la formation.
Par Eric Delon – Le 25 avril 2024. Le quotidien de la formation
Même si l’on n’en mesure pas encore exactement la plus-value dans sa propre affaire, l’intelligence artificielle (IA) apparaît incontournable, à plus ou moins long terme, plutôt à brève échéance d’ailleurs. Respectivement, directrice générale et directeur technique de Tomorrow Theory, une agence d’innovation RH (ressources humaines) créée en 2022, Stéphanie Renverseau et Gaspard Tertrais, ont pendant le Printemps de la formation [ 1 ] testé en live, sur leur application dédiée baptisée Aurora, les meilleurs modèles d’IA générative, ces IA capables de générer du texte, de l’image, du son ou encore de la vidéo.
La requête, autrement dit la demande adressée à la machine pour ce premier test ? Les défis d’un responsable RH/formation. « Nous comparons les réponses de deux IA. Chat GPT4 et Claude 3, un modèle qui n’est pas encore disponible sur le marché français. La réponse de ce dernier est plus rapide et génère des cas d’usage et des sous-parties. Au final, les réponses sont pertinentes et étayées dans les deux cas car Chat GPT 4, par exemple, a réalisé un tableau récapitulatif », constate Stéphanie Renverseau. « Plus vous entraînez une IA, plus elle sera pertinente » résume Gaspard Tertrais qui conseille, sur tout type de sujet, en l’occurrence la formation, d’interroger plusieurs IA génératives différentes puis de réaliser une synthèse en « fusionnant les réponses, afin d’éviter les « biais » et les habitudes vis-à-vis de telle ou telle IA. « Les IA évoluant à une vitesse phénoménale, il faut les réinterroger en permanence, au moins tous les mois », ajoute Stéphanie Renverseau.
Gemini est l’IA du géant Google. En direct, Gaspard Tertrais, réalise un test. Il insère 4 000 pages de texte dans le prompt en introduisant un mot de passe (« printemps de la formation ») qu’il demande à l’IA de retrouver. En moins d’une seconde, le résultat apparait. Bluffant ! « La fiabilité est de 99,9 %. Un responsable de formation peut donc demander à une IA de vérifier et de scanner l’ensemble de ses données, sans problème » indique-t-il. Autre IA, Grok, développé par les équipes d’Elon Musk, le patron d’X. Originalité de cet IA générative, sa faculté à trouver des informations en scannant l’ensemble des tweets sur un sujet. « Le résultat, ultra-rapide est impressionnant. Musk a voulu en faire une IA non woke et l’a mis en open source », note Stéphanie Renverseau.
En réponses à plusieurs questions des participants du webinaire sur la compatibilité de l’IA générative avec le « numérique responsable » et à l’empreinte environnementale, les deux experts confessent que les études sur le sujet ne sont pas définitives. « Composer un poème sur Chat GPT est moins nocif sur le plan de l’écologie que d’en écrire un avec un stylo sur une feuille, deux objets qu’il aura fallu fabriquer. De même trois requêtes Google sont plus consommatrices d’énergie qu’un prompt d’IA générative », pointe Gaspard Tertrais qui estime qu’avec les IA génératives, un collaborateur bien entrainé à cette technologie pourra « presque » bientôt remplacer un codeur traditionnel !