Organisée jeudi 4 avril à Vichy par la Fédération nationale des CIBC, la table ronde des partenaires sociaux consacrée aux transitions et reconversions professionnelles a reconnu l’importance du CEP (conseil en évolution professionnelle) tout en interrogeant sa mise en œuvre.
Par Nicolas Deguerry – Le 08 avril 2024. Le quotidien de la formation
Pour le représentant du Medef, Pierre Courbebaisse, le focus sur la formation masque un « déficit très important de l’accompagnement », qui pèse sur la sécurisation des parcours et des transitions. En dépit du CEP, qu’il souhaite obligatoire au déclenchement d’un PTP (parcours de transition professionnelle) ou du CPF, actifs et entreprises manquent selon lui fortement d’informations, tant sur les métiers et leurs évolutions que sur les référentiels, les qualifications et les emplois. Sentiment partagé par Jean-François Foucard, secrétaire national CFE-CGC, qui estime que la version 2 du CEP a appauvri la portée de l’accompagnement en faisant disparaitre le niveau 3.
CEP obligatoire ?
Insuffisamment connu selon Sandrine Mourey, secrétaire confédérale CGT, le CEP doit selon elle rester « à la main du salarié et ne pas devenir une obligation », position partagée par l’U2P qui y verrait un « échec pédagogique », mais pas par FO. Pour la CGT et les autres partenaires sociaux, le CEP est à considérer comme une étape, qui peut s’articuler avec le bilan de compétences. D’accord sur ce point, la secrétaire confédérale de la CFDT, Séverine Garandeau-Martin, appelle à davantage de coordination des outils et souligne l’importance du travail de proximité, en lien avec les territoires.
Reste à charge
Pour Maxime Dumont, conseiller confédéral CFTC, le sujet de l’articulation avec le bilan de compétences pose la question du reste à charge. En faisant peser un risque de moindre recours à cette prestation d’accompagnement financée par le CPF, il y aurait là une source d’appauvrissement de la qualité des transitions, qui se révèlerait finalement bien plus coûteux que les économies espérées.
Marché contre sécurisation
Alors que le renouvellement du marché CEP vient de parvenir à son terme (notre article), Jean-François Foucard estime que le rythme des appels d’offre insécurise les opérateurs et impacte négativement la compétence de leurs équipes. Parce qu’il estime par ailleurs qu’aucun conseiller ne peut détenir à lui-seul l’ensemble des informations nécessaires, il appelle également à davantage de partenariats et justifie ainsi la proposition de son organisation de fédérer les compétences dans une « maison de la transition professionnelle » (notre article).
À noter que pour Pierre Courbebaisse, la transformation de Pôle emploi en France travail justifierait d’étendre le public de l’opérateur, en lui permettant d’instruire également le CEP des actifs occupés. Irréaliste selon Jean-François Foucard, au vu des volumes concernés…



