Etude de l’UNEDIC – 10/04/2025
L’analyse de l’accès à l’emploi met en évidence un « âge pivot » autour de 56 ans, à partir duquel le taux d’accès à l’emploi durable devient significativement plus faible qu’à 50 ans, de 2 à 4 points, selon le groupe. Ce moindre accès avec l’âge n’est pas seulement tiré par la hausse avec l’âge du nombre d’allocataires du groupe « santé », puisqu’il concerne chaque groupe (à partir de 58 ans pour le groupe « intérim »). Il touche également les bénéficiaires du CSP (contrat de sécurisation professionnelle à destination de licenciés économiques), qui bénéficient d’un suivi personnalisé et intensif. Entre 50 et 61 ans, le taux d’accès à l’emploi durable est divisé par plus de 3 pour les groupes « CDI » et « santé » (-26 et -17 points, significatif), et par environ 2 pour les groupes « CDD » et « intérim » (-19 et -14 points, significatif).
Une ancienneté très élevée dans l’emploi perdu apparaît comme un facteur clé pour comprendre l’intensité de la chute du taux d’accès à l’emploi durable avec l’âge. En effet, l’effet négatif de l’âge est plus élevé pour les allocataires qui avaient plus de 10 ans d’ancienneté dans leur CDI : leur taux d’accès devient significativement plus faible dès 54-55 ans et décroche ensuite de celui des allocataires qui avaient perdu un CDI avec moins d’ancienneté. Ainsi, entre 50 et 61 ans, la baisse de leur taux d’accès à l’emploi durable est environ 1,75 fois plus forte que celle des allocataires qui avaient perdu un CDI d’une durée comprise entre 3 et 10 ans.
Des pistes d’explications face à la chute estimée de l’accès à l’emploi des allocataires seniors
Comment expliquer ces résultats ? D’éventuelles difficultés d’appariement entre les emplois recherchés par les seniors et les emplois proposés par les entreprises pourraient mener à moins d’embauches. En effet, plus les allocataires seniors sont âgés et plus ils sont par exemple nombreux à chercher un emploi à temps partiel ou proche de leur domicile. Ces modifications des préférences avec l’âge pourraient répondre à des contraintes personnelles, notamment pour des questions de santé. A cela pourrait s’ajouter une baisse de l’accès à la formation avec l’âge, qui s’amorce dès 45 ans puis s’accélère ensuite. Ainsi, leurs compétences, moins à jour, pourraient être plus éloignées de celles que les employeurs recherchent.
Cette problématique doit aussi être abordée du côté employeur. En effet, la littérature économique met en évidence l’existence de discriminations à l’embauche, qui pourraient expliquer une partie de la baisse du taux d’accès à l’emploi avec l’âge. Pourtant, la littérature économique note une complémentarité des compétences entre les salariés jeunes et les salariés plus âgés, qui mènerait à une meilleure productivité globale de l’entreprise.
Enfin, à partir de 58-59 ans s’ajoutent des problématiques relatives à la proximité à la retraite, qui pourrait modifier les comportements de recherche d’emploi de certains allocataires (moins de démarches, moins de concessions), en particulier de ceux qui ont le moins de contraintes financières. En effet, le meilleur accès à l’emploi durable des personnes avec des allocations journalières plus élevées – en lien avec des revenus perdus avant l’entrée au chômage plus élevés – disparait à 58-61 ans. Ce pourrait, enfin, aussi être le signe d’une raréfaction des offres adaptées à ces profils avec l’âge.






