France Travail lance une feuille de route nationale 2026-2029 pour l’agriculture

France Travail a révélé à l’occasion du Salon de l’agriculture une feuille de route sectorielle et nationale 2026-209 pour pallier les défis des recrutements dans le secteur. Selon l’opérateur, pour trois agriculteurs qui partent en retraite, un seul nouvel agriculteur s’installe. Et quand plus de 200 000 recrutements sont nécessaires chaque année, près d’un sur deux est jugé difficile.

Par  – Le 06 mars 2026. Le quotidien de la formation

La France reste la deuxième puissance agricole de l’Union européenne et emploie 1 259 718 salariés au 1er janvier 2024, dans 416 346 exploitations en activité sur le territoire. D’après les données de l’Insee, l’activité se concentre dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Grand Est, Nouvelle Aquitaine et Occitanie (par ordre décroissant). C’est l’équipe Bretagne de France Travail qui a ainsi mené les échanges, sous forme de LAB, avec l’ensemble des parties prenantes [ 1 ] pour élaborer la feuille de route.

Elle déploie cinq axes pour renforcer l’attractivité des métiers agricoles et améliorer l’adéquation entre offres et demande d’emploi :

– faire découvrir les métiers pour susciter des vocations, notamment via des immersions terrain et des journées découverte dans les exploitations et les entreprises de travaux agricoles ;

– accélérer les recrutements avec des outils innovants (une plateforme dédiée sera lancée le premier semestre 2026) et une meilleure coordination des acteurs (acculturation des prescripteurs, recensement des besoins …) ;

– former aux besoins réels des territoires, avec des parcours courts et opérationnels (notamment les préparations opérationnelles en emploi individuelles, avec un objectif de +15 % par rapport aux 948 POEI réalisées en 2025 dans l’agriculture)

– accompagner les exploitants dans leurs pratiques de recrutement et de fidélisation ;

– Et sécuriser les parcours professionnels, en développant les mobilités et les passerelles (accompagner les reconversions vers des métiers moins pénibles, faire de l’emploi saisonnier un levier d’insertion durable…).

 

IA & monde du travail : quels impacts réels un an après ?

IA & Monde du travail : la synthèse complète disponible gratuitement

Un an après le Sommet pour l’Action sur l’Intelligence Artificielle, la conférence « L’IA & le monde du travail – 1 an après », organisée le 11 février 2026 à Paris aux Ministères Sociaux, a réuni responsables publics, organisations internationales, partenaires sociaux, chercheurs et entreprises pour analyser les impacts réels de l’IA sur l’économie, l’emploi et les conditions de travail.

La synthèse complète de cette journée est désormais accessible gratuitement. Un concentré d’analyses, de retours d’expérience et de pistes concrètes pour comprendre les mutations en cours.

📥 Téléchargez-la dès maintenant et prenez part au débat sur l’avenir du travail.

Une transformation profonde, sans destruction massive d’emplois

Les acteurs présents s’accordent sur un constat : l’intelligence artificielle est aujourd’hui pleinement opérationnelle.

Elle ne provoque pas de destruction massive d’emplois à ce stade, mais elle transforme en profondeur :

  • les tâches
  • les compétences
  • les modes de management
  • l’organisation du travail

Des gains de productivité sont déjà observés, y compris dans les PME, notamment grâce à l’IA générative. Néanmoins, ces impacts restent différenciés selon les secteurs, les métiers et les niveaux de qualification.

Des risques bien identifiés

L’IA constitue un levier important de compétitivité et d’innovation, mais elle soulève aussi des enjeux structurants :

  • une intensification du travail,
  • des biais algorithmiques,
  • une opacité dans les décisions automatisées,
  • des risques d’inégalités accrues.

Un consensus fort se dégage : la qualité de la gouvernance et du dialogue social est essentielle pour faire de l’IA un facteur de progrès économique et social.

Trois priorités stratégiques

Pour accompagner cette transformation, trois leviers clés ont été identifiés :

  1. Investir massivement dans les compétences : former à grande échelle et anticiper les mutations des métiers.
  2. Structurer une gouvernance responsable de l’IA : mettre en place des cadres clairs, des comités éthiques, des audits et une supervision humaine.
  3. Produire des données fiables : s’appuyer sur des observatoires et des recherches solides pour orienter politiques publiques et stratégies d’entreprise.

Une mobilisation internationale

La conférence a rassemblé des représentants institutionnels majeurs tels que Jean-Pierre FarandouMarina Elvira Calderone, l’OCDE, l’Organisation internationale du travail et la Commission européenne, montrant que ces enjeux dépassent les frontières nationales.

Partout, les priorités convergent vers l’inclusion, la confiance, la montée en compétences, la gouvernance responsable et la coopération internationale.

L’IA responsable : un impératif stratégique

Dans les organisations, l’IA responsable n’est plus une option : elle devient un impératif stratégique.

Les bonnes pratiques observées incluent :

  • une gouvernance centralisée,
  • l’intégration du dialogue social en amont,
  • une formation généralisée,
  • une protection des données renforcée,
  • une transparence des usages.

Ces éléments sont conditionnés par la confiance des équipes et une supervision humaine claire.

À propos de la synthèse et de son auteur

Cette synthèse a été réalisée par Thierry Cuirot, président de Classe Digitale.

À travers son expertise, il montre que l’IA ne se limite plus au domaine conceptuel : elle transforme concrètement les métiers, les compétences et les modes de travail. Il met en lumière comment l’IA peut devenir un levier stratégique et être utilisée de manière responsable et efficace par les entreprises.

Notre engagement

Parce que ces enjeux concernent toutes les organisations – grandes entreprises, PME, acteurs publics et partenaires sociaux – Classe Digitale met à disposition gratuitement la synthèse complète de cette journée.

🎯 Objectif : contribuer à un débat éclairé et accompagner une transformation du travail à la fois compétitive, inclusive et responsable.

L’intelligence artificielle ne déterminera pas seule l’avenir du travail.
Ce sont nos choix collectifs en matière de compétences, de gouvernance et de dialogue social qui en feront un levier de progrès durable.

Publication le 13 02 2026 – Classe digitale

Loi de finances 2026 : les évolutions concernant le CPF

La loi de finances pour 2026 modifie les conditions d’éligibilité de certaines formations au Compte personnel de formation (CPF), ainsi que les modalités selon lesquelles les titulaires peuvent mobiliser leurs droits sur Mon Compte Formation.

Ces nouvelles règles s’appliquent automatiquement dans le parcours d’achat pour les titulaires souhaitant acheter une formation : ils n’ont aucune démarche à effectuer.

En bref : les montants maximum mobilisables par formation

Texte long

Permis A1, A2, B1 ou B

Montant mobilisable maximum : 900 €

Demandeur d’emploi : éligible

Salarié : éligible uniquement s’il bénéficie d’un cofinancement

Bilan de compétences

Le titulaire ne doit pas avoir bénéficié d’un financement public ou privé pour un bilan de compétences réalisé au cours des 5 dernières années

Répertoire spécifique

Montant mobilisable maximum : 1 500 €

Exception : la certification CléA (socle de connaissances et de compétences professionnelles) n’est pas impactée par le plafonnement.

En détail : les impacts par typologie de formation

Quels sont les changements pour les permis de conduire ?

Il est toujours possible de continuer à mobiliser les droits CPF pour préparer les épreuves théoriques et pratiques d’un permis de conduire poids lourds ou transports de personnes, sans plafond d’utilisation de leur CPF (permis BE, C1, C1E, C, CE, D1, D1E, D et DE).

Concernant la préparation des épreuves théoriques et pratiques d’un permis de conduire du groupe léger (permis A1, A2, B1 ou B), elle est réservée aux publics suivants :

  • Les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail ;
  • Les salariés qui bénéficient d’un financement d’un tiers pour préparer ce type de permis de conduire (abondement d’une région, d’un Opco, d’un fonds d’assurance formation ou du FIPHFP, droits issus du C2P, droits AT/MP…).

Si la personne remplit une de ces deux conditions, elle peut mobiliser son CPF pour suivre une formation au permis de conduire léger. Cependant, elle pourra mobiliser au maximum 900 € de ses droits pour une formation de ce type.

Quels sont les changements pour les bilans de compétences ?

Tous les titulaires d’un CPF peuvent continuer de mobiliser leurs droits sur Mon Compte Formation pour effectuer un bilan de compétences, selon plusieurs règles.

  1. Ils peuvent mobiliser au maximum 1 600 € de vos droits CPF pour suivre une formation « bilan de compétences ».
  2. Ils ne doivent pas avoir bénéficié d’un financement de bilan de compétences au cours des cinq années précédant votre demande (que ce soit un financement public par le CPF, l’État, une Région, France Travail, ou encore un financement privé par un Opco, un fonds d’assurance formation…).

Par ailleurs, il est rappelé que le CPF ne doit financer que les heures d’accompagnement effectuées par l’organisme de formation dans le cadre du bilan de compétences : les heures de travail et de recherche personnelle ne peuvent pas être facturées par l’organisme de formation.

Quels sont les changements pour les formations certifiantes ?

  • Les titulaires peuvent toujours mobiliser leurs droits CPF, sans plafond d’utilisation, pour suivre une formation qui prépare à une certification professionnelle inscrite au RNCP.
  • Concernant les certifications inscrites au Répertoire Spécifique, les titulaires peuvent mobiliser au maximum 1 500 € de leurs droits CPF.

Seule exception : la certification CléA (socle de connaissances et de compétences professionnelles). Ils peuvent mobiliser leur CPF, sans plafond d’utilisation, pour suivre une formation qui prépare à l’obtention de cette certification.

Limitation de l’utilisation des droits CPF par la loi de finances pour 2026

Afin de limiter les coûts engendrés par le compte personnel de formation (CPF) et d’inciter au cofinancement par des tiers, notamment l’employeur, l’article 203 de la loi de finances pour 2026 apporte plusieurs limitations à l’utilisation des droits inscrits au compte

Par  – Le 20 février 2026. Le quotidien de la formation

Réduction de l’éligibilité des préparations au permis de conduire

La loi restreint la possibilité de mobiliser le compte personnel de formation (CPF) pour le financement de préparations au passage des examens des catégories du permis de conduire relatives aux voitures et motos.

Le permis B est devenu la première formation financée grâce au CPF et représente le plus important volume de dépenses (264 millions d’euros en 2023 selon une étude de la Dares de mai 2025). Cette situation n’est plus tenable. Sans compter que le permis est souvent visé plus dans un but personnel que professionnel.

Afin de réduire les coûts et de limiter l’utilisation des droits CPF aux actifs ayant le plus besoin d’un permis pour leur projet professionnel, la loi limite l’éligibilité du permis aux titulaires de CPF qui sont demandeurs d’emploi ou bénéficiaires d’un cofinancement par un tiers : employeur, Opco, Etat, régions, France travail par exemple (art. L6323-6 du Code du travail modifié). Un projet de décret prévoit un cofinancement minimum de 100 euros.

Les préparations aux examens du permis de conduire des catégories du groupe lourd (transport routier ou collectif) ne sont pas concernées par cette limitation.

Saisi de recours, le Conseil constitutionnel a jugé ces dispositions conformes à la constitution. Pour les députés auteurs des recours, il résulterait de ces dispositions une différence de traitement qui ne serait justifiée ni par une différence de situation ni par un objectif d’intérêt général, en méconnaissance des principes d’égalité devant la loi et d’égal accès à la formation professionnelle.
Mais pour le Conseil, en réservant la possibilité d’utiliser le compte personnel de formation pour la préparation du permis de conduire aux personnes en ayant particulièrement besoin pour leur insertion ou leur maintien dans l’emploi, le législateur a poursuivi un objectif d’intérêt général.
Par ailleurs, les demandeurs d’emploi sont dans une situation différente de celle des salariés en ce qui concerne la prise en charge par le service public de l’emploi et les modalités de financement de leur formation professionnelle. En outre, l’absence de permis de conduire peut constituer pour ces personnes un obstacle à l’accès à l’emploi.
Enfin, les salariés ayant obtenu un abondement de leur compte personnel de formation par leur employeur, une personne publique ou un autre organisme engagé dans la politique de l’emploi, se trouvent eux-aussi dans une situation différente de celle des autres salariés, dès lors que l’action de formation bénéficiant d’un tel financement s’inscrit dans le cadre de la réalisation d’un projet professionnel.
Le législateur a donc traité différemment des personnes placées dans des situations différentes (Décision n° 2026-901 DC du 19 février 2026).

Un plafonnement des droits mobilisables ciblé sur 3 dispositifs

L’article 203 de la loi instaure aussi un mécanisme de plafonnement de la mobilisation des droits pour certaines formations.

Ainsi un décret fixera un plafond de droits issus de l’alimentation annuelle mobilisables pour :
– chaque action sanctionnée par des certifications et habilitations enregistrées dans le répertoire spécifique, à l’exception de celles menant à la certification relative au socle de connaissances et de compétences professionnelles. Cette mesure vise notamment à inciter les titulaires de CPF à viser des qualifications professionnelles en adéquation avec les besoins du marché du travail inscrites au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ;
– les bilans de compétence ;
– la préparation aux épreuves du permis de conduire des véhicules du groupe léger (art. L6323-6 du Code du travail modifié).

Les droits issus d’abondements ne sont donc pas concernés.

Un projet de décret prévoit un plafond de 1 500 euros pour les actions sanctionnées par des certifications et habilitations enregistrées dans le répertoire spécifique, 1 600 euros pour les bilans de compétences, 900 euros pour les préparations au permis de conduire. Ainsi, il ne sera plus forcément possible d’utiliser l’ensemble des droits affichés sur le compte pour une seule de ces formations.

A noter que la loi ne supprime donc pas l’éligibilité des bilans de compétence qui était envisagée par le projet de loi initial. Toutefois, des projets de décrets prévoient un délai de carence de cinq ans entre deux bilans financés sur fonds publics et une durée minimum de 13 heures pour chaque bilan.

La contribution des Esat au financement du CPF des travailleurs handicapés sera versée à France compétences

Afin de financer les CPF des personnes handicapées accueillies dans un établissement et services d’accompagnement par le travail (Esat), les articles L6323-36 et D6323-29-2 du Code du travail prévoient une contribution de ces établissements et services de 0,20 % d’une assiette égale à la somme de la fraction de la rémunération garantie financée par l’Esat et de la moitié de l’aide au poste versée par l’État.

Jusqu’à présent, cette contribution était versée à l’Opco Santé, opérateur de compétences compétent pour les Esat. Mais cet Opco n’étant pas compétent pour le financement du CPF, il ne peut pas utiliser les fonds issus de cette contribution. C’est pourquoi la loi de finances prévoit que cette contribution sera désormais versée à France compétences (art. L6323-36 du Code du travail modifié).

Modification des règles d’éligibilité au CPF des permis de conduire

Source : mon compte formation – 20 02 26

La loi de finances pour 2026 fait évoluer les conditions dans lesquelles les personnes peuvent mobiliser leur Compte personnel de formation (CPF) pour financer une formation au permis de conduire.

À compter du 20 février 2026, la mobilisation du CPF pour préparer les épreuves théoriques et pratiques d’un permis de conduire du groupe léger (permis A1, A2, B1 ou B) est réservée aux publics suivants :

  • Les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail ;
  • Les salariés qui bénéficient d’un financement d’un tiers pour préparer ce type de permis de conduire (abondement d’une Région, d’un Opco, d’un fonds d’assurance formation ou du FIPHFP, droits issus du C2P, droits AT/MP…).

Plus d’informations à venir sur les conditions d’utilisation de son CPF pour ces deux publics. 

La mobilisation du CPF pour préparer les épreuves théoriques et pratiques d’un permis de conduire poids lourds ou transport de personnes reste possible pour tous les titulaires (permis BE, C1, C1E, C, CE, D1, D1E, D et DE).

Important :

Cette évolution n’est pas encore automatiquement intégrée dans la plateforme lorsque vous recevez une demande d’inscription pour une formation au permis de conduire. Néanmoins, la mesure est applicable dès le 20 février. Cela signifie que toutes les demandes d’inscription que vous avez reçu à compter de cette date feront l’objet de contrôles. En cas de non‑éligibilité au regard des nouvelles règles, les demandes d’inscription seront annulées. Dans cette situation, les droits CPF mobilisés seront automatiquement recrédités et, le cas échéant, tout reste à charge réglé lors de l’inscription sera remboursé.

Financement du bilan de compétences : vers un plafond du CPF à 1 600 euros

Plafond d’utilisation du CPF, instauration d’un délai de carence : le bilan de compétences fait l’objet de deux projets de décrets, dont le contenu inquiète les acteurs du secteur.

Par  – Le 17 février 2026. Le quotidien de la formation

Le 11 février dernier, ce sont finalement deux projets de décrets concernant le bilan de compétences qui ont été soumis pour avis par le ministère du Travail à la CNNCEFP (Commission nationale de la négociation collective, de l’emploi et de la formation professionnelle). Ces futurs textes réglementaires – dont on ne sait pas s’il s’agira de la version finale – devraient faire l’objet d’une publication au Journal Officiel (JO) d’ici au 1er mars.

Un plafond fixé en dessous du prix moyen

Le premier projet de décret présenté, portant sur le financement du bilan de compétences par le CPF, introduit un montant minimum de 100 euros pour les financements effectués par des tiers. Mais sa principale mesure est de fixer un plafond d’utilisation du compte à 1 600 euros pour le bilan. Soit un montant demeurant au-dessous de celui de 1 900 euros souhaité par le collectif des acteurs du bilan de compétences. Ce dernier, constitué des Acteurs de la Compétence, du Synofdes, de la FFPABC (fédération française des professionnels de l’accompagnement et du bilan de compétences), et de la fédération nationale des CIBC, en avait fait la proposition dans un communiqué diffusé le 5 février.

« Ces 1 900 euros, c’est tout simplement le prix moyen qui nous semble le plus juste pour assurer un bilan de compétences de qualité », explique Garance Yverneau, secrétaire générale de la fédération Les Acteurs de la compétence. Pour l’arrêter, le collectif s’est appuyé sur les chiffres de ses adhérents (avec un tarif moyen d’un peu plus de 2 000 euros pour 24h de bilan) et sur les données de la Caisse des dépôts, donnant pour 2024 un coût moyen de 1 950 euros pour les bilans financés par le CPF.

Mais ces arguments n’auront pas su convaincre le ministère du Travail. « [L’instauration de ce] plafond à 1 600 euros est quelque chose que l’on déplore. Il va avoir des conséquences économiques catastrophiques pour la filière et comporte un risque de dégradation au global de la qualité d’un dispositif qui est absolument nécessaire », regrette Garance Yverneau.

Délai de carence de 5 ans entre chaque bilan

Le second projet de décret apporte des modifications supplémentaires pour le financement du bilan de compétences, cette fois tous types de financements confondus. Première de ces mesures : seules les heures d’accompagnement effectives pourront donner lieu à un financement du bilan. La seconde mesure conditionnerait le financement au fait qu’un précédent bilan n’ait pas été effectué dans les 5 ans qui précédent.

« Nous ne sommes pas en désaccord sur ce délai », commente Gérald Maury, vice-président de la fédération nationale des CIBC. « Nous sommes plutôt enclin à considérer qu’il y a des situations à différencier », ajoute-t-il cependant. Ainsi, il cite les exemples de personnes concernées par un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) ou affectées par des problèmes de santé qui pourraient être défavorisées par ce délai de carence de 5 ans.

Les éventuels ajustements à amener aux différentes mesures introduites par les deux décrets devront néanmoins sans doute attendre. « Nous savons que le Gouvernement est dans une situation très contrainte [pour la publication de ces décrets]. Ce que nous souhaitons, c’est de pouvoir ensuite poursuivre la phase de concertation avec le ministère du travail et la DGEFP [délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle] », indique Gérald Maury.

Fixation du taux d’exonération Acre

Un décret du 6 février 2026 fixe le taux d’exonération de cotisations des créateurs et repreneurs d’entreprise à 25 % des cotisations dues.

Par  – Le 12 février 2026. Le quotidien de la formation

L’Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (Acre) est un dispositif qui fait bénéficier les entrepreneurs qui créent ou reprennent une entreprise d’une exonération de cotisations sociales d’assurance maladie, maternité, veuvage, retraite de base, invalidité-décès et allocations familiales pendant 12 mois.

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a supprimé l’exonération totale de cotisations dont bénéficiaient les créateurs et repreneurs d’entreprises dont le revenu professionnel est inférieur à 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass), donc inférieur à 36 045 euros en 2026. Le taux d’exonération pour ces personnes devait être fixé par décret. C’est chose faite avec un décret publié le 8 février qui fixe ce taux à 25 % du montant total des cotisations dues.

Dès lors que le revenu est supérieur à 75 % du Pass tout en restant inférieur à ce Pass (soit 48 060 euros en 2026), l’exonération est dégressive selon la formule suivante :

Montant de l’exonération = 0,25 E/0,25 Pass​​ × (Pass−R).

Où :
E est le montant total des cotisations dues aux régimes d’assurance maladie, maternité, veuvage, vieillesse de base, invalidité et décès et d’allocations familiales dues pour un revenu ou une rémunération égal aux trois quarts du Pass ;
R est le revenu ou la rémunération de la personne bénéficiant de l’exonération.

Le décret fixe aussi une date butoir pour effectuer la demande d’exonérations. Celle-ci doit intervenir au plus tard le soixantième jour qui suit la date d’ouverture de l’activité mentionnée par le justificatif de création d’entreprise délivré par le guichet des formalités des entreprises.

Ces nouvelles dispositions sont rétroactives et s’appliquent aux créations et reprises d’entreprise intervenant à compter du 1er janvier 2026.

Des nouveautés entreront aussi en vigueur au 1er juillet 2026 pour les micro-entrepreneurs. Leur taux minoré de cotisations sociales sera porté de 50 % à 75 % des taux habituels. L’exonération de cotisations sera donc de 25 % au lieu de 50 %.

Décret n° 2026-69 du 6 février 2026 fixant le taux d’exonération prévu à l’article 23 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 et adaptant le taux de cotisations sociales des micro-entrepreneurs applicables dans le cadre de l’aide à la création et à la reprise d’entreprise

« Les cadres seniors, une population particulièrement exposée au chômage » (étude France Travail / Apec)

L’Association pour l’emploi des cadres (Apec) et France Travail présentent le « portrait statistique des demandeurs d’emploi cadre seniors », dans une étude publiée le 5 février 2026.
Les cadres seniors constituent une population particulièrement exposée au chômage. Leur taux de chômage (4,6 %) est supérieur à la moyenne des cadres (4,2 %). En juin 2025, 210 000 demandeurs d’emploi de 50 ans et plus recherchaient un poste de cadre, dont 173 600 inscrits en catégories A, B ou C. Si 60 % perçoivent une indemnisation, un tiers reçoit moins de 2 000 euros mensuels. Le chômage de longue durée les touche davantage : 26 % ont connu au moins 12 mois de chômage sur 15 mois, soit 9 points de plus que la moyenne des cadres. Une partie fait face à des difficultés financières, 6 % étant bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA). Malgré ces contraintes, les cadres seniors restent engagés dans leur recherche d’emploi : ils se forment activement, y compris en situation de chômage de longue durée, et se montrent aussi ouverts que les plus jeunes à une reconversion professionnelle. Toutefois, l’âge demeure un frein majeur : neuf seniors sur dix estiment qu’il constitue un désavantage à l’embauche. Les perceptions associées aux seniors reposent sur des stéréotypes infondés, les cadres seniors partageant avec les plus jeunes la volonté de transmettre leurs compétences, d’innover et de se former aux nouvelles technologies. Ces constats soulignent la nécessité d’un accompagnement spécifique combinant valorisation de l’expérience, adaptation au marché du travail et évolution du projet professionnel. Ils impliquent également un travail de sensibilisation auprès des recruteurs afin de déconstruire les stéréotypes liés à l’âge. L’Apec et France Travail réaffirment leur engagement à soutenir les cadres expérimentés et à promouvoir la valeur de l’expérience auprès des entreprises.

Source : Carif Oref Pays de loire – AEF  745209. – 5 février 2026

Période de reconversion : publication de deux décrets

Deux décrets relatifs à la période de reconversion ont été publiés au Journal officiel du 31 janvier 2026. Ils soulèvent plusieurs interrogations.

Par  – Le 03 février 2026. Le quotidien de la formation

Deux décrets relatifs à la période de reconversion ont été publiés au Journal officiel du 31 janvier 2026. Ces textes, très attendus par les acteurs de la formation professionnelle, viennent préciser le cadre du nouveau dispositif. Il convient toutefois de souligner que son déploiement effectif, s’agissant de la reconversion externe, demeure conditionné à l’ouverture de négociations au niveau de l’entreprise, conformément à l’article L6324-9 du Code du travail.

Nous vous proposons, à travers deux actualités distinctes, une présentation détaillée des modalités de financement des périodes de reconversion ainsi que des règles applicables à leur transmission et à leur dépôt :

Ces décrets soulèvent néanmoins plusieurs interrogations, en particulier quant au financement des reconversions externes. Ces zones d’ombre devraient, selon toute vraisemblance, être levées par le ministère dans le cadre d’une foire aux questions (FAQ).

Plusieurs points appellent en effet des clarifications au titre desquels :

  • La répartition des rôles (« qui fait quoi »)
    Les décrets ne précisent pas l’opérateur de compétences (Opco) compétent. S’agit-il de l’Opco dont relève l’employeur d’origine ou de celui de l’employeur ayant conclu un CDD avec le salarié dans le cadre du nouveau cas de recours à ce type de contrat pour une période de reconversion externe (article L. 1242-3, 5° du Code du travail) ?
  • La nature des actions finançables par l’Opco
    Le législateur prévoit que le salarié en période de reconversion puisse bénéficier non seulement d’actions de formation mentionnées au 1° de l’article L6313-1 du Code du travail, mais également d’actions de validation des acquis de l’expérience (VAE) visées au 3° du même article (article L6324-2 du Code du travail). Or, le nouvel article R6332-89 du Code du travail ne fait référence qu’à la prise en charge des actions de formation, laissant subsister une incertitude quant au financement de la VAE sauf à considérer que ces dernières sont englobées dans le champ des actions de formation. Relevons que le salarié en période de reconversion peut également bénéficier de « l’acquisition d’un savoir-faire par l’exercice en entreprise d’une ou de plusieurs activités professionnelles en relation avec les qualifications recherchées » notamment en concluant un CDD de reconversion en cas de reconversion externe.
  • La détermination des « parties à la période de reconversion »
    Il est indiqué que lorsque « l’opérateur de compétences constate le non-respect d’une ou plusieurs dispositions légales, réglementaires ou conventionnelles par l’une des parties à la période de reconversion ou par l’organisme de formation, il refuse la prise en charge financière par une décision motivée notifiée aux parties » (article R6324-3-1 du Code du travail). La notion de « parties à la période de reconversion» mériterait d’être précisée : inclut-elle l’employeur ayant conclu le CDD de reconversion ? Bien que celui-ci ne soit pas signataire de l’accord conclu entre le salarié et son employeur d’origine (article L6324-3 du Code du travail), il apparaît pourtant indissociable du dispositif de reconversion externe.

  • La prise en charge de la rémunération par l’Opco
    Un accord collectif – ou, dans certains cas, une décision unilatérale – peut prévoir la prise en charge de l’éventuel différentiel de rémunération pendant la suspension du contrat de travail liée à une période de reconversion externe. Bien que les décrets évoquent parfois la prise en charge de la « rémunération », celle-ci ne peut juridiquement concerner que l’écart de rémunération.

Le législateur a prévu la possibilité de cofinancer la période de reconversion via la mobilisation du compte personnel de formation (CPF) du salarié (article L6324-10 du Code du travail). Cette logique de co-construction justifie que l’opérateur de compétences procède au dépôt de l’accord écrit mentionné à l’article L6324-3 auprès du ministre chargé de la Formation professionnelle, par l’intermédiaire du traitement automatisé SI-CPF (article R6324-4 du Code du travail). Relevons également qu’il est prévu que les montants des dotations de France compétences pour la période de reconversion sont « déterminés en tenant compte des montants mobilisés au titre du compte personnel de formation dans le cadre d’une période de reconversion » (article R6123-26 du Code du travail). France compétences pourrait donc prévoir une enveloppe ad hoc supplémentaire à ce titre pour tenir compte des salariés ayant mobilisé leur CPF pour cofinancer la période de reconversion.

Enfin, il n’est pas encore établi si l’accord écrit entre l’employeur du salarié fera l’objet d’un formulaire Cerfa ad hoc.