Les difficultés de recrutement anticipées par les entreprises

France Stratégie publie en juin 2022 un document de travail intitulé « Comment expliquer les difficultés de recrutement anticipées par les entreprises ? »

Cette étude analyse les difficultés ressenties par les entreprises françaises lorsqu’elles envisagent de recruter et à identifier si les facteurs couramment avancés pour expliquer ces difficultés, comme le métier, les qualifications recherchées, les caractéristiques de l’entreprise, sa localisation et son secteur d’activité, permettent d’expliquer ce ressenti exprimé par les chefs d’entreprise.

Les variables observables (comme les métiers recherchés) qui permettent de qualifier l’entreprise et le type d’emploi à pourvoir n’expliquent que 14 % de la variance totale des difficultés exprimées. Ce taux relativement faible laisse à penser que la majeure partie des difficultés exprimées relèvent davantage de facteurs propres à chaque entreprise, qui ne sont pas directement mesurables.

Outre les questions propres à l’entreprise comme la gestion des ressources humaines, la qualité du management et la réputation de l’employeur, l’accompagnement de l’entreprise devrait s’appuyer sur des actions spécifiques aux métiers pour lesquels les recrutements apparaissent les plus problématiques. Il s’agirait notamment de comprendre les raisons de cette perception, alors que des entreprises de taille, de localisation et de secteur similaires n’expriment pas les mêmes difficultés.

Lire l’étude : fs-2022-dt-difficultes-recrutement-juin_0

Les organisations du travail apprenantes : enjeux et défis pour la France

Les documents de travail de France Stratégie présentent les travaux de recherche réalisés par ses experts, seuls ou en collaboration avec des experts extérieurs. L’objet de leur diffusion est de susciter le débat et d’appeler commentaires et critiques. Les documents de cette série sont publiés sous la responsabilité éditoriale du commissaire général. Les opinions et recommandations qui y figurent engagent leurs
auteurs et n’ont pas vocation à refléter la position du Gouvernement.

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Le nouvel âge de la formation professionnelle

Terra Nova a publié en mai 2022 un rapport intitulé « le nouvel âge de la formation professionnelle« . Si la formation professionnelle est devenue une question centrale ces dix dernières années, c’est parce qu’elle est tout à la fois un enjeu d’émancipation sociale et un objectif de compétitivité, de croissance et de développement.

Des progrès significatifs ont été réalisés dans cette direction : l’attention portée à ce sujet s’est beaucoup développée, des moyens conséquents lui ont été alloués, l’appétence à la formation s’est accrue chez les salariés, l’accès à la formation a été simplifié et partiellement détaché des employeurs : plus de 700 000 contrats d’apprentissage en 2021, plus d’un million de formations validées dans le cadre du Compte personnel de formation.

Mais un long chemin reste à parcourir et un nouvel élan doit être donné dans les cinq ans qui viennent. « En dépit de leurs efforts, la culture des progressistes en matière de formation est encore marquée par l’empreinte de l’élitisme méritocratique, de l’académisme pédagogique et de l’individualisme… » Si bien qu’ils ne savent pas toujours répondre à ceux qui auraient le plus besoin de formation mais qui s’en méfient, n’ont pas envie de « retourner à l’école » et réclament au préalable de la protection. Ce sont aussi bien souvent ceux qui sont les moins à même de s’orienter vers les formations les plus appropriées.

Dans le même temps, le besoin de formation n’a cessé de se renforcer avec le développement économique et les mutations technologiques rapides qui affectent le marché du travail. La nécessité de contrer l’obsolescence d’une partie de la force de travail s’est accrue. Le vieillissement de la main d’œuvre et de ses compétences, l’innovation technologique, la part plus importante en France que dans le reste de l’Union européenne de la force de travail peu ou non qualifiée exigent une accélération des mesures visant en particulier l’amélioration des compétences moyennes.

Face à la lenteur des progrès, le vieillissement, la technologie, la part plus importante en France que dans le reste de l’Union européenne de la force de travail peu ou non qualifiée exigent une accélération des mesures visant à l’amélioration des compétences moyennes.

Terra nova fait ainsi dix propositions, tel que :

  • créer un contrat emploi-formation universel pour les 17-25 ans,
  • déployer plus de formations éligibles à l’apprentissage,
  • faire valoir et renouveler ses compétences tout au long de la vie,
  • accélérer l’investissement en formation non obligatoire par un crédit impôt formation,
  • lancer un grand plan de l’apprentissage dans les secteurs de la santé et du service à la personne,
  • faciliter matériellement le suivi de la formation.

Cap Métiers Nouvelle Aquitaine – 12 05 22